Le SAOS impacte bien plus que le sommeil : une approche globale du patient

Le SAOS impacte bien plus que le sommeil : une approche globale du patient

Rédigé par Philips ∙ 5 mars 2026 ∙ Temps de lecture : 3 minutes

De nombreuses personnes – y compris des professionnels de santé – considèrent le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) comme un trouble exclusivement nocturne. Pourtant, ses conséquences dépassent largement les heures de sommeil. Reconnaître son impact global est essentiel pour améliorer les résultats cliniques, de jour comme de nuit, et dans toutes les dimensions de la vie du patient.

Le SAOS se caractérise par des épisodes répétés d’obstruction des voies aériennes supérieures durant le sommeil, entraînant une hypoxie intermittente et une fragmentation du sommeil. Si les symptômes cardinaux (ronflements, apnées observées, somnolence diurne excessive) sont bien connus, les conséquences d’un SAOS non traité concernent la santé physique, cognitive et psychosociale.

Father falling asleep in theater

Le corps et les risques pour la santé
Le SAOS est un trouble multisystémique avec des conséquences physiques importantes :

  • Maladies cardiovasculaires : le SAOS peut augmenter le risque d’hypertension, d’arythmies, de maladie coronarienne, d’AVC et d’insuffisance cardiaque. La prévalence du SAOS atteint 40 à 80 % chez les patients souffrant d’hypertension, d’insuffisance cardiaque ou de diabète.1
  • Dysfonctionnement métabolique : il existe un lien très fort entre le SAOS et le diabète de type 2 ainsi que l’hyperlipidémie.2
  • Immunité altérée : la perturbation chronique du sommeil peut affaiblir les défenses immunitaires du patient, augmentant sa susceptibilité aux infections.3
  • Fatigue et performance physique : la fatigue persistante peut limiter l’activité, aggraver les comorbidités et réduire la qualité de vie du patient.3


Si un patient présente une hypertension résistante, une fibrillation auriculaire récurrente ou un syndrome métabolique, il peut être pertinent de l’évaluer pour un SAOS, même s’il ne rapporte pas de plaintes typiques liées au sommeil.


L’esprit : impact cognitif et émotionnel
Les effets du SAOS sur le cerveau humain sont profonds et souvent sous-estimés :

  • Déficit cognitif : les patients peuvent présenter des pertes de mémoire, une mauvaise concentration et une lenteur du traitement de l’information. Le déficit cognitif est présent chez jusqu’à 37 % des adultes souffrant d’un SAOS, et sa prévalence augmente avec la gravité du trouble.4
  • Troubles de l’humeur : un SAOS non traité peut être lié à la dépression, à l’anxiété, à l’irritabilité et à l’instabilité émotionnelle.5
  • Travail et sécurité : les déficits cognitifs peuvent altérer les performances professionnelles et augmenter le risque d’accidents, notamment dans les métiers sensibles à la sécurité.6


Si votre patient évoque un brouillard cérébral, des changements d’humeur ou une baisse de performance au travail, pensez au SAOS comme cause sous-jacente possible (même s’il ne se plaint pas de son sommeil).


Relations et qualité de vie

Le SAOS peut perturber la vie sociale et les relations :

  • Isolement social : la somnolence diurne et une humeur basse peuvent conduire à l’isolement et à une participation réduite aux activités sociales.6
  • Tensions dans les relations : le partenaire peut être affecté par le ronflement ou les pauses respiratoires du patient, ce qui perturbe le sommeil et/ou engendre des tensions relationnelles.3
  • Moins d’engagement : la fatigue et les troubles cognitifs peuvent diminuer la motivation et le plaisir de vivre du patient.6


Interrogez votre patient sur les changements qu’il a constatés dans ses interactions sociales, sa dynamique relationnelle et sa satisfaction globale dans la vie : cela peut être un signe discret de SAOS non traité.6

 

Le Dr Teofilo Lee-Chiong, médecin du sommeil chez Philips, partage six actions simples pour vos patients :

 

  1. Considérez le SAOS dans votre diagnostic différentiel : ne limitez pas votre évaluation du SAOS aux patients présentant des symptômes classiques ; pensez au SAOS chez ceux souffrant de fatigue inexpliquée, d’hypertension résistante, de syndrome métabolique, de troubles de l’humeur ou de plaintes cognitives.
  2. Informez vos patients : aidez-les à comprendre que le SAOS est une maladie qui touche tout le corps et dont les effets dépassent le sommeil, impactant la santé cardiaque, la clarté mentale et les relations.
  3. Travaillez en collaboration interdisciplinaire : collaborez avec vos collègues en cardiologie, endocrinologie, santé mentale et soins primaires pour identifier et prendre en charge le SAOS dans les populations à risque.
  4. Levez les barrières au diagnostic et au traitement : discutez des bénéfices du diagnostic et de la prise en charge, y compris la gestion des facteurs de risque, pour aider vos patients à dépasser la stigmatisation ou les idées reçues sur les troubles du sommeil.
  5. Assurez un suivi régulier : le SAOS est une condition chronique, et l’évaluation régulière de l’adhésion au traitement, de l'évolution des symptômes et des comorbidités peut vraiment changer les résultats pour vos patients.
  6. Plaidez pour une prise en charge globale du patient : reconnaissez et expliquez que traiter le SAOS peut améliorer le sommeil, mais aussi potentiellement la santé cardiovasculaire, métabolique, cognitive et psychosociale du patient.1

 

Le SAOS n’est pas seulement un problème de sommeil : c’est un enjeu de santé globale du patient. En dépassant la sphère du sommeil et en prenant en compte toute l’étendue de l’impact du SAOS, nous pouvons réellement améliorer la vie de nos patients.

A propos de notre expert du sommeil

Dr. Teofilo Lee-Chiong

Dr. Teofilo Lee-Chiong

 

Le Dr Teofilo Lee-Chiong est responsable des relations médicales chez Philips Respironics depuis 2011. Spécialiste hautement qualifié en médecine du sommeil, il est professeur de médecine à la faculté de médecine de l'Université du Colorado à Denver (USA) et professeur titulaire de médecine au National Jewish Health à Denver, dans le Colorado. Le Dr Lee-Chiong est l'auteur de Sleep Medicine: Essentials and Review (Oxford University Press, États-Unis), Sleep: A Comprehensive Workbook (Wiley-Liss), Fundamentals of Sleep Technology (Lippincott Williams & Wilkins), Sleep Medicine (Hanley & Belfus), Sleep Medicine Essentials (Wiley Blackwell) et Focus on Sleep Medicine: A Self-Assessment (Lippincott Williams & Wilkins). Castle Connolly Medical a nommé le Dr Lee-Chiong parmi les meilleurs médecins américains en 2013, et Best Doctors l'a inclus dans sa liste des meilleurs médecins américains en 2014 et 2015.

Références

 

1. https://www.ahajournals.org/doi/pdf/10.1161/CIR.0000000000000988
2. Mitra AK, Bhuiyan AR, Jones EA. Association and Risk Factors for Obstructive Sleep Apnea and Cardiovascular Diseases: A Systematic Review. Diseases. 2021; 9(4):88. https://doi.org/10.3390/diseases9040088
3. Su, K., Feng, Z., Wang, L. et al. Prevalence of cognitive impairment among adults with obstructive sleep apnea: a systematic review and meta-analysis. Sleep Breath 29, 323 (2025). https://doi.org/10.1007/s11325-025-03509-7
4. Macchitella L, et al. Neuropsychological and socio-cognitive deficits in patients with obstructive sleep apnte. J Clin Exp Neuropsychol. 2021;43(5):514-533. doi:10.1080/13803395.2021.1944609
5. Nicola Andrea Marchi, Gilles Allali, Raphael Heinzer, Obstructive sleep apnea, cognitive impairment, and dementia: is sleep microstructure an important feature?, Sleep, Volume 47, Issue 12, December 2024, zsae161, https://doi.org/10.1093/sleep/zsae161
6. Macchitella, L., Romano, D. L., Marinelli, C. V., Toraldo, D. M., Arigliani, M., De Benedetto, M., & Angelelli, P. (2021). Neuropsychological and socio–cognitive deficits in patients with obstructive sleep apnea. Journal of Clinical and Experimental Neuropsychology, 43(5), 514–533. https://doi.org/10.1080/13803395.2021.1944609

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