Sommeil et Travail

Dans le monde du travail, certains se vantent de ne dormir que 5 heures par nuit! Mais ce n’est pas forcément un bon calcul! Sur le long terme, la dette de sommeil s’accumule et les journées au travail sont de plus en plus difficiles. Stress, manque de concentration, baisse de la productivité, accidents du travail, absentéisme. Il est temps de prendre conscience qu’il n’est pas obligatoire de sacrifier ses nuits pour réussir professionnellement, bien au contraire.

 

Les médecins du travail sont tous les jours confrontés aux troubles du sommeil des employés et de leurs employeurs. En moyenne 30% des salariés souffrent de troubles du sommeil : insomnie, syndrome d’apnées du sommeil, dette de sommeil. Cela affecte les relations et peut entraîner plus de conflits, plus d’erreurs.

Bien dormir c’est capital

Les français dorment en moyenne sept heures par nuit. Le chiffre idéal souvent avancé par le corps médical est de huit heures. Pour un enfant, c’est capital. Chez l’adulte, pour compenser des heures de sommeil en moins, il est alors très important de bien dormir. C’est pendant le sommeil que le cerveau travaille à consolider les souvenirs de la journée et à renforcer les apprentissages.
Une étude américaine a aussi mis en évidence la capacité du cerveau à «se nettoyer» en éliminant les toxines accumulées la journée. Ces déchets cellulaires pourraient être à l’origine de la maladie d’Alzheimer ainsi que d’autres maladies dégénératives.,

 

Les impacts négatifs
Si nous sommes inégaux face aux besoins en sommeil, des mauvaises nuits accumulées ont un impact négatif. L’organisme réagit en fabriquant des hormones dites de stress. Cela se traduit au travail par un comportement professionnel et social qui affecte la productivité. Bien évidemment le stress est souvent déjà présent au travail ; si bien qu’un cercle vicieux se met en place. Les problèmes de sommeil amplifient le stress qui lui-même empêche de dormir.

Il n’y a pas que la productivité qui est atteinte par le manque de sommeil. La capacité à innover, dont les entreprises ont tant besoin aujourd’hui, fait elle aussi défaut. Des chercheurs ont étudié les effets de 24h d’insomnie : le résultat est clair, l’esprit d’innovation et l’aptitude à prendre des décisions sont détériorées. Le cerveau est directement touché par ces longues répétitions de mauvaises nuits, et plus précisément la zone du cortex préfrontal. A cet endroit, le cerveau contrôle la créativité et l’innovation. L’impact négatif est plus fort dans les entreprises qui s’appuient sur la créativité de ses employés.

Les solutions
La sieste, solution miracle?
On ne compte plus les études mettant en avant les bénéfices d’une sieste quotidienne, même au travail. Mais il faut veiller à établir quelques règles. Pour respecter au mieux l’horloge biologique, faîtes une sieste de 30 minutes maximum, dans l’idéal entre 14h et 15h. A cette heure-ci, notre rythme corporel est ralenti naturellement. Alors après le déjeuner, trouver un coin tranquille pour ce nouveau rituel. Mais entre la théorie et la pratique, il y a encore un fossé dans les usages au sein des entreprises. Pourtant c’est pendant une sieste que Newton avait découvert la gravité!

Et si la sieste n’est pas possible, appropriez vous ces quelques règles pour améliorer la qualité de votre sommeil:
› Adoptez des horaires de sommeil réguliers
› Pratiquez une activité physique deux à trois fois par semaine
› Evitez les excitants comme le café après 17h
› Dinez léger 2h avant le coucher
› Allez au lit aux premiers signes de sommeil

Bien dormir, c’est capital pour démarrer une bonne journée de travail. Se concentrer, mémoriser, comprendre, autant d’actions nécessaires mais perturbées par une mauvaise nuit.
Non, dormir n’est pas une perte de temps. Le droit au repos est même inscrit dans la déclaration française des droits de l’homme!

 

Par Karima Mourjane