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Confiance parentale

Des mères qui ressentent culpabilité et honte lorsqu’elles nourrissent leur bébé

Par Philips

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08/16/2023

•

3-4 min. de lecture

Photo de parents avec bébé

Depuis des années, la culpabilité et la honte ressenties par les mères en rapport avec l’alimentation de leur nourrisson est un sujet largement abordé. Il y a des mères qui ont honte de ne pas pouvoir donner le sein librement à leur enfant, d’autres qui se sentent coupables d’utiliser du lait maternisé, et d’autres qui ressentent honte et gêne lorsqu’elles abordent avec des professionnels de santé ce qu’elles perçoivent comme des “échecs”.

Les expériences et émotions négatives affectent la lactation et l’allaitement, et peuvent favoriser l’apparition d’une dépression postpartum. Il est donc important de comprendre les émotions éprouvées par ces mères (sous quelle forme et à quel moment elles surviennent), et de connaitre les mesures qui peuvent être prises pour adapter les soins prodigués à ces mères vulnérables.

Pour en savoir plus sur le lien entre culpabilité, honte et alimentation du nourrisson, des chercheurs du Royaume-Uni ont effectué une analyse systématique d’études internationales de pays développés (Royaume-Uni, États-Unis, France, Suède, Norvège, etc.). Ils ont identifié 4 thèmes principaux : “le manque de préparation et un accompagnement inefficace”, “la morale et le jugement perçu (allaitement au sein)”, “la frustration liée à l’alimentation du nourrisson” et “les échecs, les craintes et les pratiques mal vues (allaitement au lait maternisé)”1.

en un instant

  • Attentes vs réalité
  • Le sentiment d’être jugé
  • “Chaque tétée compte”

Attentes vs réalité

Les études analysées examinaient l’allaitement complet, l’allaitement mixte et l’allaitement exclusivement au lait maternisé. Les chercheurs ont découvert que le risque de développer des sentiments de culpabilité et de honte dépendait des attentes des parents pendant la grossesse. Les problèmes liés à la culpabilité sont survenus après la naissance lorsque les mères ont dû faire face à la réalité de l’alimentation de leur nourrisson, et que leurs attentes n’ont pas été satisfaites.

Prenons par exemple, une mère enceinte qui avait l’intention de nourrir son enfant exclusivement au lait maternisé, et une autre mère qui avait l’intention d’allaiter exclusivement au sein. Après la naissance, la mère qui nourrissait son enfant exclusivement au lait maternisé avait 7 fois moins de risques de culpabiliser, par rapport à la mère qui avait prévu d’allaiter exclusivement au sein, mais qui a fini par utiliser exclusivement du lait maternisé. Il n’est donc pas surprenant de constater que les mères qui ont commencé par allaiter exclusivement au sein et qui ont dû passer à un allaitement complet au lait maternisé, se sentaient davantage coupables.

Être bien préparé par les professionnels de santé aux réalités de l’allaitement au sein semblait jouer un rôle important. Pendant la grossesse, les femmes de ces études ont estimé qu’elles n’étaient pas pleinement conscientes des difficultés qu’elles pourraient rencontrer après la naissance. Leurs attentes ne correspondaient pas à la réalité. Elles ont alors ressenti de la honte, de la culpabilité et de l’anxiété, comme si c’était de leur faute et qu’elles étaient de mauvaises mères.

D’un autre côté, le fait que le professionnel de santé soit trop impliqué a également nui à l’estime de soi des mères. Les commentaires critiques sur les seins ou les mamelons, ainsi que les contacts physiques non consensuels répétés (un professionnel de santé tenant et pressant le sein de la mère, par exemple) ont fait naître des sentiments de honte et d’embarras.

Le sentiment d’être jugé

Il ne fait aucun doute que l’allaitement complet pendant les 6 premiers mois est idéal pour les nouveau-nés. Malheureusement, lorsque les mères ont rencontré des difficultés pour allaiter exclusivement au sein, elles se sont senties coupables.

Il ne s’agissait pas seulement d’une culpabilité intériorisée due au fait de ne pas avoir réussi à combler leurs attentes (dans ces études, cette culpabilité intériorisée affectaient 37,6 % des femmes qui allaitaient). Plus de 32 % des mamans estimaient que les autres les jugeaient négativement, car elles utilisaient du lait maternisé. Comme l’a indiqué une maman : “il est évident que certains éléments font de vous une meilleure maman lorsque vous allaitez au sein”.

En outre, lorsque l’allaitement au sein ne se passait pas bien, certaines mamans prétendaient que tout allait bien afin de ne pas être vues comme de mauvaises mères par leur famille et les professionnels de santé. Ces femmes ne cherchaient alors pas d’aide et avaient peur d’être considérées comme défaillantes.

Enfin, les professionnels de santé alimentent ces sentiments de culpabilité. Les chercheurs ont constaté que 64 % des mères allaitant leur bébé au lait maternisé se sentaient coupables, car les professionnels de santé leur reprochaient les problèmes qu’elles rencontraient pour allaiter au sein. Une fois de plus, ces mères estimaient qu’elles ne pouvaient pas être honnêtes avec leur professionnel de santé.

“Chaque tétée compte”

Le bien-être d’une mère est essentiel pour qu’elle ait un rapport sain à l’alimentation du nourrisson et qu’elle porte un regard positif sur elle-même. Pour aider les mamans qui allaitent au sein à ne pas se sentir coupables et à ne pas avoir honte, les chercheurs demandent la mise en place d’“un accompagnement plus réaliste, centré sur la mère, où tout jugement est prohibé”. Concernant les mamans qui doivent utiliser du lait maternisé, les professionnels de santé doivent fournir des informations pratiques et un soutien émotionnel.

Les chercheurs recommandent de se concentrer sur le fait que “chaque tétée compte” plutôt que sur le fait que “le lait maternel est meilleur pour l’enfant”. De cette façon, les mères pourront se sentir mieux par rapport à leur façon de prendre soin de leur bébé et de le nourrir. Elles auront également davantage confiance en leurs capacités à être de bonnes mères.
En savoir plus : L’allaitement chez les mères en surpoids 
Les femmes en surpoids et obèses rencontrent souvent des problèmes pour allaiter. Certains problèmes sont physiologiques. D’autres sont dues à la stigmatisation qu’elles subissent. Cela va de problèmes plus fréquents au niveau des mamelons, à une gêne pour allaiter lorsque d’autres personnes se trouvent autour, en passant par un manque d’accompagnement par des professionnels de santé.

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  1. Jackson L, De Pascalis L, Harrold J, Fallon V. Guilt, shame, and postpartum infant feeding outcomes: A systematic review. Matern Child Nutr. 2021 Jul;17(3):e13141.  

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