Feeding for baby
Par Philips
08/23/2023
3-4 min. de lecture

Bien qu’il soit reconnu que l’allaitement réduit considérablement le risque de surpoids ou d’obésité chez l’enfant, les mères en surpoids (IMC supérieur ou égal à 25 kg/m2) ou obèses (IMC supérieur ou égal à 30 kg/m2) sont confrontées à divers problèmes lorsqu’elles veulent allaiter leurs nourrissons.
Cela va de problèmes plus fréquents au niveau des mamelons, à une gêne pour allaiter en public et à la maison, devant les amis et la famille, en passant par un manque d’accompagnement par les sages-femmes et autres professionnels de santé.
Même si ces mamans partagent le même avis sur l’allaitement que les femmes ayant un poids “normal”, leur taux d’allaitement est moindre et elles arrêtent d’allaiter plus tôt. Avec un accompagnement plus adapté, elles pourraient poursuivre plus longtemps l’allaitement, ce qui aurait des bénéfices pour elles et leur bébé sur le long terme.
Dans le cadre d’une étude systématique de la littérature, Breastfeeding experience and support of women who are overweight or obese (L’allaitement et l’accompagnement des femmes en surpoids ou obèses, en anglais uniquement), des chercheurs travaillant dans la maïeutique, la psychiatrie et les sciences de la vie ont examiné les obstacles que pouvaient rencontrer les mères en surpoids ou obèses en termes d’allaitement et d’accompagnement.
Cette étude analysait 16 articles de pays développés du monde entier : États-Unis, Royaume-Uni, Singapour, France, Suède, Nouvelle-Zélande. Ce type de recherche est particulièrement important, car les taux d’obésité augmentent dans ces pays riches.
Tout commence dès la naissance. Les femmes en surpoids et obèses sont plus nombreuses à accoucher par césarienne. Des études ont montré que cela retardait souvent le début de l’allaitement. Cela s’expliquait non seulement par la période de rétablissement après l’intervention, mais également par le manque d’accompagnement et de conseils pratiques de la part du personnel hospitalier.
En fait, les mères en surpoids ou obèses se sentaient stigmatisées. L’attitude des professionnels de santé envers ces dernières faisait qu’elles disposaient souvent de moins d’informations sur l’allaitement et qu’elles étaient moins bien accompagnées, en particulier dans l’heure qui suivait la naissance de leur nourrisson, même si leur médecin et les autres professionnels de santé étaient favorables à l’allaitement complet.
Le manque d’intimité dans les hôpitaux s’avérait également problématique. Les chambres sont souvent partagées, et les visiteurs, ainsi que le personnel hospitalier, font des va-et-vient. Pour ces femmes qui déclaraient déjà manquer de confiance en raison de leur surpoids, il est compréhensible que l’allaitement dans de telles conditions puisse les mettre mal à l’aise.
Il n’y a pas que la corpulence des femmes en surpoids et obèses qui est plus imposante, elles ont également des aréoles et des seins plus volumineux. Non seulement il est plus difficile pour elles de trouver un soutien-gorge à bonnets ouvrants bien ajusté, mais il est également plus difficile (et plus long) pour elles de positionner confortablement leur bébé contre elles pour l’allaiter.
Les bébés de femmes obèses avaient également plus de mal à téter et à prendre le sein. Certaines mères craignaient même d’étouffer leur bébé avec leur poitrine imposante.
En outre, ces mamans ont signalé des taux plus élevés de problèmes pour commencer l’allaitement pendant leur séjour à l’hôpital et déclaré se sentir plus fatiguées. Elles souffraient également plus souvent de problèmes au niveau des mamelons (douleurs, crevasses, saignements). Et, comme mentionné précédemment, ces mamans ont été moins bien accompagnées par le personnel hospitalier lorsqu’elles essayaient d’allaiter.
L’une des raisons les plus courantes pour lesquelles les mères en surpoids et obèses arrêtaient d’allaiter était le sentiment qu’elles n’étaient pas en mesure de fournir suffisamment de lait. Les chercheurs ont souligné que cela n’était probablement pas étayé par des faits, mais qu’il s’agissait d’un moyen socialement acceptable de dissimuler d’autres raisons d’arrêter l’allaitement. Des recherches supplémentaires seraient nécessaires pour déterminer si cet arrêt serait dû à des problèmes physiologiques ou à un manque d’accompagnement personnalisé par des professionnels de santé.
Une mère doit se sentir à l’aise dans sa décision d’allaiter et bénéficier d’un soutien positif et opportun de la part des personnes qui l’entourent. À ce stade, les recherches portaient principalement sur le soutien reçu par les mères en surpoids et obèses, ainsi que sur leur expérience par rapport à ce soutien.
Ces études ont révélé qu’une femme prend confiance lorsqu’elle est prise en charge par des professionnels de santé attentionnés et patients, qui respectent son individualité. Ainsi, tant que nous n’en savons pas plus sur les effets physiologiques de l’obésité durant la maternité, les sages-femmes et autres professionnels de santé peuvent faire la différence en offrant un soutien adapté et personnalisé à ces jeunes mamans. Cela pourrait permettre à ces femmes et à leurs bébés de profiter de tous les avantages de l’allaitement, aussi longtemps qu’elles le désirent.
References
Chang Y‐S, Glaria AA, Davie P, Beake S, Bick D. Breastfeeding experiences and support for women who are overweight or obese: A mixed‐methods systematicreview. Matern Child Nutr. 2020;16:e12865. doi.org/10.1111/mcn.12865