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mars 25, 2021

Les cadres dirigeants des établissements de soins dévoilent leurs plans audacieux pour passer à la vitesse supérieure– Découvrez
pourquoi

By Jan Kimpen
Chief Medical Officer and SVP at Philips

Estimated reading time: 5-7 minutes

Le rapport Future Health Index 2021 est sorti et les résultats sont frappants. Cette année, nous avons interrogé des cadres dirigeants d'établissements de santé et avons découvert des informations parmi les plus surprenantes depuis le début du Future Health Index en 2016. Qu'il s'agisse d'assurer la continuité des soins pendant la pandémie ou d'élaborer une feuille de route pour l’après crise - quels choix font les dirigeants, comment vont-ils changer et pourquoi ?

 

Je pense que c'est le rôle d'un dirigeant de rester fort en cas de crise. Lorsque j'étais Directeur général d'un grand hôpital universitaire aux Pays-Bas, j'ai fait de mon mieux pour surmonter les périodes difficiles. Mais rien n'est comparable à ce que les cadres dirigeants des établissements de soins doivent encore affronter aujourd'hui : la tâche herculéenne de maintenir le même niveau de soins pour chaque patient qui en a besoin - y compris ceux dont le traitement a été retardé ou annulé en raison du COVID-19 - tout en veillant à ce que le personnel soit en sécurité, motivé et capable de faire son travail.

 

Dire que cela a été un défi est un énorme euphémisme. Déjà sous pression en raison du manque de personnel et des coupes budgétaires, les responsables ont dû faire face cette année à des obstacles cliniques, logistiques et émotionnels d'une ampleur et d'une portée monumentales : nouvelles vagues de patients, épuisement du personnel à tous les niveaux, congés maladie prolongés, formation supplémentaire pour permettre aux cliniciens de passer des unités classiques aux services COVID, et anxiété liée à la vaccination (à la fois en raison du manque de vaccins et de la crainte des effets secondaires), pour n'en citer que
quelques-uns. Et tout cela en étant confronté au regard critique du public, qui était parfois favorable, parfois moins.

 

En réponse à cette situation, je sais, pour avoir parlé à des dirigeants du monde entier, que beaucoup d'entre eux ont pris des décisions audacieuses sur la manière et le lieu de dispenser les soins, et sur les investissements à réaliser pour construire des soins de santé résilients pour l'avenir. Ce que je ne savais pas jusqu'à présent, c'est que ces dirigeants du monde entier ont fait des choix qui s'inscrivent dans un schéma clair.

 

Quels sont ces choix, et comment vont-ils évoluer au cours des prochaines années ?

 

C'est ce que nous avons voulu découvrir dans notre rapport Future Health Index 2021, un centre de recherche Philips et la plus grande étude mondiale de ce type [1]. Nous avons demandé à près de 3 000 cadres dirigeants d’établissements de soins dans 14 pays de nous dire comment ils répondent aux exigences d'aujourd'hui tout en se préparant à une nouvelle réalité post-pandémique.

 

Voyons ce que nous avons appris. Et ce qui est surprenant dans les résultats de cette année.

Incertitudes sur le rôle de la télésanté après la crise sanitaire 

 

Au cours d'une année marquée par le confinement et l'isolement, les cadres dirigeants ont investi massivement dans les soins virtuels afin d'étendre et de renforcer les capacités des médecins et des infirmières. Qu'il s'agisse du dépistage et du suivi des patients à domicile ou de l'intensification des soins dans les unités de soins intensifs, nous avons vu de nombreux exemples de télésanté gagner en popularité depuis la pandémie.

 

Toutefois, alors que les programmes de vaccination commencent à alléger la pression qui pèse sur certains systèmes de santé dans le monde, nous constatons que leurs investissements dans les solutions de télésanté semblent diminuer. En effet, 64 % des cadres dirigeants déclarent que les technologies de télémédecine figurent parmi les principales technologies numériques de santé dans lesquelles leur hôpital ou leur établissement de santé investit le plus actuellement, tandis que 40 % d'entre eux souhaiteraient investir dans la télémédecine dans trois ans.

 

Je vois trois raisons potentielles à cela : la première pourrait simplement être que l'infrastructure de soins virtuels de nombreux établissements de santé - et donc le plus gros investissement en télémédecine – ne pourrait être achevée que d'ici 2024. Deuxièmement, les responsables des soins de santé pourraient être inquiets au sujet des remboursements, qui ont été augmentés pour la télésanté pendant le COVID-19, mais qui pourraient revenir à tout moment aux niveaux antérieurs à la pandémie. Et troisièmement, il y a la simple question de savoir si les médecins, les infirmières - et même les patients - auront le même appétit pour les soins virtuels lorsque le besoin sera moins urgent. Pour en savoir plus sur ce sujet, je vous recommande cette séance de questions-réponses avec trois responsables médicaux de Philips.

Telehealth image

L'intelligence artificielle, plus qu'un phénomène de mode

 

D'autre part, nous savons que la nécessité de fournir un diagnostic et un traitement plus rapides et plus précis va devenir un impératif de plus en plus pressant. Le bilan de l'année écoulée a été lourd pour les patients COVID-19 et leurs familles. Mais avec les rendez-vous retardés ou annulés, le bilan de l'année écoulée pour les patients non COVID a également été lourd.

 

Et il est appelé à s'alourdir : les cabinets d'études s'accordent à dire que les taux de mortalité et les problèmes de santé mentale à long terme liés à la non-COVID sont susceptibles d'augmenter, tout comme les coûts pour les systèmes de santé ; au Royaume-Uni, rien que pour le cancer, on estime que 18 000 personnes supplémentaires décèderont au cours des 12 mois qui ont suivi la pandémie en raison des retards, soit près de 10 % de plus que d'habitude [2, 3, 4]. Si la croissance rapide de la télésanté peut améliorer l'accès aux soins, elle ne peut pas entièrement compenser ce manque à gagner. Les cadres responsables des soins de santé doivent de toute urgence trouver de nouveaux moyens de fournir des soins de meilleure qualité et plus efficaces.

 

Cela pourrait expliquer pourquoi 40 % des responsables des soins de santé interrogés dans le rapport Future Health Index 2021 estiment que, pour se préparer à l'avenir, la mise en œuvre de technologies prédictives en matière de soins de santé, telles que l'intelligence artificielle (IA) et le machine learning, figurera parmi les principaux domaines dans lesquels leur hôpital ou leur établissement de santé devra investir dans trois ans. Je pense que la technologie ne peut pas - et ne doit pas - remplacer les professionnels de la santé. Mais elle peut donner aux cliniciens les bonnes informations au bout des doigts dans les moments qui comptent vraiment.

 

Si nous prenons l'exemple du diagnostic du cancer, les solutions d'aide à la décision clinique basées sur l'IA peuvent aider les cliniciens à identifier et à analyser les lésions sur une image médicale. Jusqu'à récemment, ce type d'outils se trouvait plus souvent dans les laboratoires de recherche que dans les laboratoires hospitaliers. Aujourd'hui, une poignée d'entre eux sont approuvés par des organismes tels que la Food and Drug Administration [5], ce qui me laisse penser qu'ils auront un impact important sur le diagnostic et le traitement dans un avenir proche.

 

Depuis six ans que le rapport Future Health Index existe, le rapport de cette année est le signal le plus fort qui indique que l'IA passe enfin du stade de la mode à celui de la réalité.

Predictive healthcare technologies image

Il est désormais admis que les partenariats stratégiques permettent la transformation numérique

 

Mais les dirigeants du secteur de la santé reconnaissent également qu'ils ne peuvent pas agir seuls. Près de la moitié d'entre eux (41 %) déclarent que leur hôpital ou leur établissement de santé doit privilégier les partenariats et les collaborations stratégiques pour mettre en œuvre avec succès les technologies numériques de santé. Surmonter les éternels problèmes liés à l'interopérabilité, à la gestion et à l'intendance des données semble être leur plus grand obstacle, ce que mon collègue Roy Jakobs, responsable des soins connectés chez Philips, explorera dans son prochain blog.

Strategic partnerships and collaborations image

La plus grande surprise de cette année : le développement durable

 

Voici ma plus grande surprise. C'est la première fois que nous demandons à des dirigeants du secteur de la santé leur avis sur le développement durable. Je m'attendais à voir un certain intérêt, mais je suis franchement étonné par la réponse que nous avons reçue. Si, de manière compréhensible, les effets de la COVID-19 ont amené les responsables des soins de santé à se concentrer à court terme sur les besoins immédiats, dans trois ans, la priorité absolue des responsables des soins de santé de la majorité des 14 pays interrogés sera de mettre en œuvre des pratiques durables.

Sustainability practices image

Voyons pourquoi. Dans l'enquête, nous avons définis les pratiques durables comme "l'approvisionnement, le recyclage, etc. respectueux de l'environnement". L'immense quantité de déchets créés par l'utilisation d'équipements de protection individuelle à usage unique et de fournitures médicales essentielles a peut-être incité les responsables des soins de santé à réfléchir aux mesures qu'ils peuvent prendre. Je peux en partie comprendre qu'il s'agit d'une volonté de réduire les coûts.

 

Mais j'y vois aussi une poussée vers un objectif plus grand, où les dirigeants ne considèrent plus les pratiques de développement durable telles que le recyclage comme distinctes de la prestation de soins de santé durables. En d'autres termes, il s'agit d'adopter des méthodes de prestation de soins plus durables et de s'orienter résolument vers l'obtention de meilleurs résultats à moindre coût. Si vous souhaitez en savoir plus sur ce sujet, je prévois de l'explorer dans mon prochain blog avec mon collègue Robert Metzke, responsable du développement durable chez Philips.

Je crois que des soins médicaux résilients résultent d'un écosystème solide : des modèles de prestation de soins flexibles, des médecins et des infirmières motivés, et des dirigeants déterminés."

La résilience résulte d’un écosystème fort

La résilience résulte d'un écosystème solide. Un mot que j'entends souvent ces jours-ci est "résilience". La communauté médicale s'accorde à dire que nous devons mettre en place des systèmes de santé plus solides, capables de s'adapter aux besoins des futures pandémies tout en améliorant continuellement les soins dispensés à nos populations croissantes et vieillissantes.

 

Malgré les défis auxquels les dirigeants sont toujours confrontés, il est extrêmement réjouissant d'entendre dans cette enquête qu'ils se sentent fortement optimistes et bien préparés pour l'avenir ; la grande majorité d'entre eux nous ont dit avoir confiance dans la capacité de leur établissement de santé à fournir des soins de qualité dans trois ans (75 %), et 88 % ont confiance dans la capacité du système de santé de leur pays à le faire.

 

Je pense que des soins de santé résilients sont le fruit d'un écosystème solide composé de modèles de prestation de soins flexibles, de médecins et d'infirmières motivés et de dirigeants décisifs. Et le rapport de cette année suggère que je ne suis pas le seul.

 

Soyons clairs : nous n'avions pas besoin de la pandémie pour aller de l'avant. Néanmoins, nous avons beaucoup appris au cours de l'année écoulée. Et je crois que l'avenir des soins de santé est entre de bonnes mains, crise ou pas crise.

 

Sources:

[1] Depuis 2016, Philips mène des recherches originales pour aider à déterminer si les pays sont prêts à relever les défis mondiaux en matière de santé et à mettre en place des systèmes de soins de santé efficaces et efficients. Le rapport Future Health Index 2021 explore les perspectives de la prochaine génération de professionnels de la santé dans 14pays. Pour plus de détails sur la méthodologie du Future Health Index et pour accéder au rapport 2021 dans son intégralité, visitez le site du Future Health Index.

[2] https://www.mckinsey.com/industries/healthcare-systems-and-services/our-insights/understanding-the-hidden-costs-of-covid-19s-potential-impact-on-us-healthcare 

[3] Lai A et al, "Estimating excess mortality in people with cancer and multimorbidity in the COVID-19 emergency", ResearchGate, avril 2020, researchgate.net.

[4] https://www.cancerresearchuk.org/health-professional/cancer-statistics-for-the-uk#:~:text=Cancer%20mortalité,77%2C800%20cancer%20décès%20en%202018.

 [5] https://models.acrdsi.org/

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Jan Kimpen

Jan Kimpen

Directeur medical, Royal Philips

Philips

Avant de rejoindre Philips en 2016, Jan Kimpen, professeur en pédiatrie, était directeur du centre médical universitaire d’Utrecht.Il dirige l’equipe clinique globale Philips,il est engagé dans  la défense des intérêts, les partenariats avec les clients, la recherche clinique et le conseil médical, et est responsable de la publication annuelle du Philips Future Health Index.

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