Sommeil et Troubles Neurologiques

Pour l’homme, dormir est aussi vital que manger ou respirer. Pendant la nuit notre corps reprend des forces pour la journée suivante. Le cerveau lui est toujours en activité mais une activité bien spécifique à la vie nocturne. Alors réduire le temps du sommeil c’est limiter l’apprentissage, la vigilance, la mémorisation. Quels liens existent entre le sommeil et les troubles neurologiques? Faisons le point sur un domaine sur lequel planent encore beaucoup de questions.

Notre cerveau est le chef d’orchestre qui régule une horloge biologique interne afin que notre organisme respecte bien l’alternance jour/nuit. Mais parfois la machine peut se dérégler.

On parle de troubles neurologiques lorsque le système nerveux est touché. La moelle épinière peut être atteinte ainsi que les nerfs ou le cerveau. Les origines des troubles sont variées, elles peuvent être d’ordre structurel, électrique ou physiologique.

Le cycle du sommeil
Lorsque l’on observe l’électroencéphalogramme du cerveau pendant la nuit, on voit qu’il existe bel et bien une activité. Le cerveau ne «;s’éteint;» pas quand nous dormons. L’électroencéphalogramme permet de mettre en évidence les différents stades du sommeil: léger, profond et paradoxal. L’ensemble de ces phases de sommeil constitue un cycle de sommeil d’environ 90 minutes. Pendant toute la nuit vont se succéder 4 à 5 cycles. Ce ballet nocturne s’accompagne de la production de plusieurs substances qui contrôlent les passages entre les différents états de sommeil. Sérotonine, dopamine, noradrénaline ou encore histamine, entre autres, ce sont des neurotransmetteurs. C’est grâce à eux que les neurones fonctionnent entre autre.

Parasomnie
Les parasomnies affectent le cours normal du sommeil. Elles se manifestent par un état de conscience intermédiaire entre le sommeil et l’éveil. Si cela survient pendant la phase de sommeil lent profond, cela peut se traduire par des terreurs nocturnes, des états d’éveil très confus et même aller jusqu’au somnambulisme. Si cet état est observé pendant la phase de sommeil paradoxal, le sommeil est très perturbé. L’imaginaire, la peur, le stress envahissent l’esprit et entrainent des sueurs et une accélération du rythme cardiaque.
Si ces perturbations s’accompagnent en plus d’un comportement agressif ou à l’inverse très défensif, parlez en à votre médecin. Certaines de ces parasomnies peuvent être retrouvées dans la maladie de Parkinson.

Hypersomnie
De toutes les hypersomnies, la plus connue est la narcolepsie qui touche entre 20000 et 30000 personnes en France. C’est une maladie rare dont l'âge de début varie entre l’enfance et la cinquantaine. Généralement, cela débute au moment de l’adolescence ou vers les 35 ans. La maladie se traduit par une somnolence excessive durant la journée et une envie de sommeil irrésistible. L’endormissement est incontrôlable. Cette maladie peut être accompagnée de cataplexies, il s’agit d’un relâchement brusque du tonus musculaire d’une à une forte émotion, souvent agréable. Dans le cerveau, certains neurones ne fonctionnent plus. Aucun traitement n’est capable encore de les restaurer. Actuellement, les médicaments prescrits visent à soulager les symptômes très handicapants de la maladie.

Le syndrome des jambes sans repos
C’est un trouble moteur du sommeil qui touche les jambes. Elles ont un besoin impérieux de bouger, survenant le jour mais plus généralement le soir au repos au moment de l’endormissement. Les signes cliniques décrits sont une sensation de tiraillements, de picotement. L’origine de ce mal est un déficit en dopamine ou une carence en fer. La dopamine permet aux neurones du système nerveux de transmettre des informations. Ce sont les nerfs des jambes qui sont particulièrement touchés. Il existe un traitement à base de fer et de dopamine qui vise à soulager les symptômes. Dans presque tous les cas, la maladie est d’origine familiale.

Ces troubles sont parmi les plus connus mais la liste n’est pas exhaustive. Les liens entre le cerveau et la structure du sommeil sont un domaine qui a beaucoup progressé ces dernières années, surtout grâce à une imagerie médicale de plus en plus précise et les études cliniques. Le neurologue est capable d’expliquer de plus en plus de choses même s’il reste encore beaucoup de questions. Il n’est pas toujours évident de distinguer ce qui est de l’ordre du psychique de ce qui relève bien d’un problème neurologique.

Par Karima Mourjane