Sommeil et travail de nuit

Etre productif et efficace dans son travail, comment y arriver? Cela commence dans son lit, par un sommeil réparateur. Il est établi depuis plusieurs années qu’une mauvaise nuit impacte directement la vie au travail. Baisse de la concentration, baisse de la productivité, somnolence, autant de désagréments qu’il est possible d’éviter en suivant des règles simples. C’est vrai pour des horaires de travail classiques. Si en revanche le rythme est différent, avec un travail de nuit ou avec des horaires décalés, avoir un bon sommeil s’avère beaucoup plus compliqué.

 

Il n’y a pas de durée idéale de sommeil. On parle plutôt de durée optimale du sommeil, un temps qui permet de se sentir reposé sans être fatigué pendant l’éveil. Définie par l’horloge biologique, cette durée est propre à chacun. Elle est aussi guidée par l’alternance jour/nuit. La règle est simple: nous dormons la nuit et veillons le jour. Que se passe t’il lorsque la situation est inversée?

 

Des horaires de travail particuliers

En France, un travailleur sur quatre a des horaires décalés ou des horaires de nuit. Dans ce cas, l’horloge biologique est complètement déréglée. Les fonctions du corps suivent toutes l’alternance jour/nuit, comme la digestion, le travail des hormones, la force musculaire. S’il n’y a plus de synchronisation, les fonctions de l’organisme sont moins performantes et le stress augmente.
Ces conditions de travail difficiles sont mieux tolérées si elles ont été choisies, ou du moins non imposées, ce qui n’est pas toujours le cas.

 

Impacts négatifs
L’Institut National du Sommeil et de la Vigilance surveille chaque année le sommeil des français et étudie les conséquences physiologiques du travail de nuit. Elles sont en effet nombreuses: il est établi que ce rythme de travail favorise la prise de poids, l’hypertension, les troubles du rythme cardiaque, risque de somnolence au volant (deux fois plus de probabilité d’avoir un accident). Il existe aussi un lien moins connu avec le cancer du sein. Là encore le risque de survenue de la maladie augmente de 50% chez les femmes travaillant de nuit. Des études sont à l’œuvre au sujet du cancer de la prostate.

 

L’un des premiers signes de trouble est l’apparition d’une insomnie. Consultez votre médecin. Tout le monde n’est pas apte à suivre un tel rythme. C’est plus facile pour les petits dormeurs, ceux qui dorment naturellement moins de 6 heures. Alors comment s’adapter à un travail de nuit?

Solutions?

Il n’y a malheureusement pas de solution permettant de modifier son horloge biologique pour suivre son rythme de vie. Il est toutefois recommandé par la médecine du travail d’opérer sur les plannings des rotations tous les 4 à 5 jours ou d’éclairer intensément les postes de travail. Mais cela reste conditionné au bon vouloir des employeurs. Vous aussi vous pouvez agir en suivant ces quelques conseils:
› Dormez au moins 7 heures par 24 heures.
› Adoptez des horaires de sommeil les plus réguliers possibles.

› Buvez votre café uniquement quand vous démarrez votre travail.

› N’hésitez pas à faire une sieste de moins de 30 minutes.

 

A la maison vous allez aussi créer une véritable atmosphère de repos. La chambre doit être prête à vous accueillir à toute heure. Vous devez pouvoir faire le noir complet même en plein jour. Volets, rideaux occultant, masque de nuit, chacun son style. La lumière ne vous incitera qu’à l’éveil alors bannissez là pour dormir!

 

Le travail de nuit perturbe aussi le travail digestif. Optez pour plusieurs repas légers, type encas plutôt qu’un seul repas plus consistant mais qui vous fera piquer du nez.

 

Choisi parfois pour un temps court ou lorsque l’on est jeune, le travail de nuit est une nécessité pour la société. En revanche il ne doit pas l’être au détriment de la santé de millions de salariés. Choisi parfois pour un temps court ou lorsque l’on est jeune, de nombreux efforts restent à faire pour améliorer les conditions des travailleurs de nuit. Le travail c’est la santé, le sommeil aussi.

 

Par Karima Mourjane