Sommeil et Ronflement

Autrefois, le ronflement était le signe d’un sommeil de bonne qualité. Au 21ème siècle c’est tout l’inverse : c’est le symptôme d’une pathologie aujourd’hui reconnue, le syndrome d’apnée du sommeil (SAS). Une personne sur quatre ronfle régulièrement et il ne faut pas hésiter à consulter afin de déterminer s’il s’agit d’un banal ronflement ou d’un problème plus important.

Le ronflement est dû à un rétrécissement des voies aériennes supérieures durant le sommeil, une période de relâchement de tous les organes. Cela crée des vibrations du voile du palais et de la luette (schéma) à l’origine donc du fameux ronflement. Lorsque les voies aériennes supérieures sont fermées, le diagnostic de syndrome d’apnée du sommeil est posé.

Une fois que ces symptômes sont installés, c’est un véritable cercle vicieux. La fatigue se fait sentir dès le réveil parfois accompagnée de maux de tête, puis les journées s’accompagnent de nombreux moments de somnolence et la pression artérielle augmente. Les vaisseaux sanguins diminuent leur diamètre entrainant une augmentation du débit sanguin et le cœur s’accélère. Ces signes mènent tout droit à l’incident cardiaque.


Alors si vous ronflez, il est souvent conseillé de faire une polygraphie ventilatoire. C’est un enregistrement du sommeil qui peut être réalisé à domicile. Grâce à des capteurs, l’examen analyse divers paramètres : mouvements respiratoires, flux nasal, intensité du ronflement, nombre d’apnées, fréquence cardiaque, taux d’oxygène dans le sang, position corporelle. Il existe trois types de ronfleurs :

1. Ronfleur simple sans apnée
2. Ronfleur avec apnée modérée
3. Ronfleur avec apnée sévère.

Dans le cas n°2 et 3, le diagnostic est un syndrome d’apnée du sommeil.

Dans tous les cas, vous pouvez changer certains comportements qui accentuent le ronflement.

 

› La consommation d’alcool augmente significativement les ronflements. Ceux qui dorment avec des ronfleurs le savent! Evitez donc l’alcool en fin de journée.
› Si vous êtes en surpoids, suivez un régime.
› Diminuez votre consommation de cigarettes ou encore mieux, arrêtez de fumer!

Evitez de dormir en position dorsale

Si le ronflement persiste, c’est auprès d’un médecin que vous trouvera la solution. Il en existe différentes que le médecin doit adapter à la situation, selon la gravité du ronflement :

1. La pression positive continue (PPC). Cet appareil insuffle de l’air sous pression dans le nez et/ou la bouche tout au long de la nuit afin de maintenir les voies aériennes supérieures ouvertes. Les effets de ce traitement sont immédiats sur les ronflements et le SAS.
2. L’orthèse d’avancée mandibulaire est un dispositif qui ressemble à un appareil dentaire. Porté pendant la nuit, il maintient la mâchoire inférieure en position avancée et empêche l’obstruction des voies aériennes.
3. La radiofréquence du voile du palais, réalisée à l’aide d’une électrode rigidifie le palais et limite les vibrations. C’est une intervention pratiquée en trente minutes sous anesthésie locale. Cette technique ne traite que
le ronflement.
4. La chirurgie est aussi une solution. Elle consiste à retirer la luette, une partie du voile du palais voire les amygdales dans certains cas. C’est une opération douloureuse et efficace à 75% sur les ronflements. Sur le SAS, les résultats sont faibles. Attention l’intervention n’est pas remboursée par la sécurité sociale. Il est possible de réaliser le même type d’intervention par laser. C’est moins invasif mais aussi très douloureux.

La décision du bon traitement est à établir avec le médecin.

Du simple ronflement à l’apnée du sommeil, ce symptôme de nos nuits est un signe qu’il faut prendre au sérieux. Un ronfleur sur dix peut avoir des complications. Alors si vous ne le faîtes pas pour vous, pensez à votre conjoint!


By Karima Mourjane