Sommeil et Reves

Si l’homme rêve depuis la nuit des temps, il faut attendre les années 1950 pour relier les rêves à une phase particulière du sommeil, la phase de sommeil paradoxal. Mais que se passe-t-il vraiment à ce moment là? Les rêves sont-ils bénéfiques au sommeil ou au contraire viennent-ils perturber la nuit? Rêve ou cauchemar, difficile en tout cas de les contrôler.

Le sommeil se compose d’une succession de cycles, mis en évidence à la fin des années 50 par le docteur Michel Jouvet. En étudiant l’activité électrique du cerveau il établit les différentes phases constituant un cycle de sommeil, en particulier l’existence du sommeil paradoxal.

Les cycles du sommeil
Chaque cycle du sommeil dure en moyenne 90 minutes et se compose des phases suivantes:

› Le sommeil lent, composée lui-même de trois stades : endormissement, sommeil léger et sommeil profond.
› Le sommeil paradoxal, l’activité électrique est très intense, on observe des mouvements oculaires rapides caractéristiques des rêves. Cette phase dure entre 15 et 20 minutes et c’est principalement à ce moment que nos rêves surviennent.
› La phase intermédiaire très brève, caractérisée par des micro-réveils menant à un nouveau cycle ou bien au réveil complet le matin.

Tout au long de la nuit, on compte entre quatre à six cycles. Si leur structure est toujours identique, ils évoluent tout de même entre le début et la fin de la nuit. Plus le sommeil avance, plus la phase de sommeil paradoxal s’allonge.

Sommes nous tous égaux face aux rêves?
Au réveil le matin, certains se souviennent très bien de leurs rêves quand d’autres n’en ont aucun souvenir. Même si tout le monde rêve, nous sommes inégaux en terme de qualité et de quantité. Les femmes rêvent plus que les hommes et se souviennent mieux de leurs rêves. Il n’y a pour l’instant pas d’explication scientifique à cette différence. Certains parlent d’une plus grande «imagination émotionnelle» chez la gent féminine. Malheureusement, c’est pareil pour les cauchemars: les femmes en font plus que les hommes!
L’âge est aussi un facteur de différenciation: l’aptitude à rêver diminue avec le temps. Tout d’abord parce que la durée de sommeil diminue avec l’âge. On observe aussi que le cerveau vieillit et perd de sa plasticité. Si les neurones travaillent moins bien, l’imaginaire et le rêve sont moins actifs.
Pour les bébés et les jeunes enfants, il reste des doutes. Il est difficile encore d’établir précisément à partir de quel âge l’enfant commence à rêver. Pour rêver, il faut une certaine maturité. Mais il ne faut pas confondre les terreurs nocturnes des jeunes enfants avec les rêves. Les terreurs nocturnes sont de brefs accès de panique qui ont lieu pendant la phase de sommeil lent.

Impact sur la qualité de sommeil
Une étude de l’INSERM, (institut national de la santé et de la recherche médicale), a déterminé que les «grands rêveurs» se réveillent deux fois plus que les «petits rêveurs», 30 minutes pour les uns contre 15 minutes pour les autres. Attention, il s’agit de brèves phases d’éveil dont le dormeur n’est pas conscient. Que se passe-t-il dans le cerveau de ces deux types de rêveurs? Il existe deux zones très actives du cerveau chez les grands rêveurs : le cortex pré-frontal qui anime des personnages dans le rêve, et la jonction temporo-pariétale, zone d’analyse des stimuli extérieurs. (schéma). Chez les petits rêveurs, ces zones ne connaissent pas de suractivité.

Finalement, l’impact sur la qualité du sommeil est réel si les rêves ne sont que cauchemars. Il faut alors consulter votre médecin traitant.

Les incertitudes persistent
Difficile d’avoir des certitudes dans ce domaine malgré l’amélioration des techniques d’enregistrement du sommeil.

Certains chercheurs pensent que nous rêvons plutôt entre deux cycles de sommeil, pendant de courtes périodes d’éveil. Ils ont observé que des stimuli extérieurs pouvaient être intégrés au rêve et finalement réveiller le dormeur. Le débat de spécialistes est loin d’être clos.

 

En matière de rêves, de nombreux mystères subsistent et entretiennent la fascination que nous avons tous pour nos songes nocturnes. Si nous en savons un peu plus sur la physiologie des rêves, leurs significations restent encore floues et sont le domaine de la psychanalyse. En tout cas les rêves ont plutôt un effet positif sur notre imaginaire et reste un moment d’évasion.