Sommeil et Respiration

Le sommeil comme la respiration sont deux fonctions que nous réalisons presque sans réfléchir! Le sommeil permet au corps de se reposer et à l’esprit de se recentrer. La respiration quant à elle, apporte à l’organisme tout l’oxygène dont il a besoin. Son rythme varie en fonction des différents moments de la journée mais aussi en fonction des phases de sommeil. Le sommeil et la respiration sont donc indissociables. Si des troubles respiratoires apparaissent, le sommeil est forcément touché.

 

Un sommeil normal est caractérisé par une respiration régulière qui permet des échanges gazeux essentiels au bon fonctionnement du corps. En inspirant, l’air pénètre dans le corps et l’oxygène est distribué à tous les organes. En échange, l’organisme se débarrasse du dioxyde de carbone en expirant.

Les troubles respiratoires liés au sommeil peuvent aller du simple ronflement à une apnée sévère.

 

Comment respire t’on pendant la nuit?
Le sommeil est constitué d’une première phase d’endormissement suivie de plusieurs cycles de 90 minutes. Chaque cycle est lui-même composé de différents stades. Pendant le sommeil lent, les muscles, dont le diaphragme, se décontractent et les signes vitaux atteignent leur niveau le plus bas, la respiration est donc ralentie. Pendant le sommeil paradoxal, les signes vitaux se modifient : augmentation du rythme cardiaque, de la pression artérielle, de la température du corps et de la fréquence de la respiration. On retrouve des similitudes entre l’activité cérébrale d’une personne en sommeil paradoxal et celle d’une personne éveillée. Pendant ce stade, le cerveau travaille et consomme une grande quantité d’oxygène ce qui explique ce changement physiologique au sein même d’une nuit de sommeil.

Le ronflement
Une personne sur quatre ronfle régulièrement. Ce phénomène est dû à un rétrécissement des voies aériennes supérieures durant le sommeil, période pendant laquelle tous les organes se relâchent. Cela crée des vibrations du voile du palais et de la luette à l’origine donc du fameux ronflement. Dans de nombreux cas, le ronflement n’est pas un problème de santé en soi et ne gène pas le ronfleur…mais son conjoint! Le niveau sonore peut atteindre 95 décibels, autant qu’au passage d’un camion. Le problème n’est pas médical mais relationnel!

Cette gène respiratoire entrainant un ronflement peut être causée par:

› Un excès de poids.
› Une grossesse.
› Des polypes nasaux.
› Des amygdales trop grosses.
› Un rhume ou une allergie.
› L’alcool ou les médicaments.
› Une morphologie de la mâchoire.


Si vous n’avez rien de tout cela, et que le ronflement persiste, consultez votre médecin.


Apnée du sommeil
Les voies aériennes supérieures sont parfois complètement obstruées et empêche une distribution normale de l’oxygène dans l’organisme. Cela entraine pendant la nuit, des arrêts respiratoires signes d’un syndrome d’apnée du sommeil. C’est un trouble grave qu’il faut très vite diagnostiquer à l’aide d’un examen du sommeil, un enregistrement du sommeil qui peut être réalisé à domicile. Grâce à des capteurs, la polysomnographie (PSG) enregistre divers paramètres : la présence du ronflement, la position, les arrêts respiratoires, le taux d’oxygène dans le sang, les différents stades du sommeil fréquence cardiaque. Si le diagnostic d’apnée du sommeil est confirmé, le médecin va mettre en place un traitement dit PPC. Il s’agit de la Pression Positive Continue, cette machine permet de laisser les voies aériennes supérieures ouvertes et ainsi empêcher l’arrêt respiratoire. C’est le traitement de référence de la maladie.

 

Respirer pour bien dormir
L’organisme a besoin d’oxygène en quantité suffisante pour bien fonctionner. C’est le rôle principal de la respiration. Mais respirer peut aussi agir dans certaines situations. Il existe de nombreuses techniques de respiration pour se détendre, pour s’endormir facilement ou pour se replonger dans son sommeil. Souvent inspirés du yoga, ces exercices permettent à l’esprit de se re-concentrer sur soi et sur son sommeil.

Par exemple un exercice simple pour s’endormir : asseyez-vous, tête et dos droits, mâchoire détendue. Bouchez une première narine puis inspirez et expirez lentement par l’autre narine. Inversez les deux narines. L’important c’est de respirer lentement et de le faire 10 à 20 fois. Le yoga et la méditation sont des activités souvent conseillées pour améliorer la qualité de notre sommeil.

La respiration et le sommeil sont si liés que le pneumologue est aussi l’un des spécialistes à consulter. Le patient vient pour des troubles respiratoires et finit par apprendre qu’il a un trouble du sommeil! D’où l’importance d’une bonne hygiène de vie générale car lorsqu’une fonction de l’organisme est à la peine, il y a toujours des conséquences sur les autres fonctions.

Par Karima Mourjane