Sommeil et Pollution

Après des décennies de scepticisme, aujourd’hui plus personne ne nie l’évidente pollution qui nous entoure. Les alertes aux fines particules se multiplient et la circulation alternée est mise en place en cas d’urgence. Si on imagine bien les conséquences sur notre système respiratoire, on ne pense pas que notre sommeil peut aussi être touché. Que faire si vous habitez ou travaillez dans un secteur pollué? Y a t’il des gestes de préventions utiles lors des pics de pollutions? Répondre à ces questions va être essentiel dans les années à venir.

 

L’air que nous respirons est composé principalement d’oxygène et d’azote. Depuis la révolution industrielle et l’avènement des machines, de nombreuses particules ont envahi l’air et nos poumons. Ces particules se retrouvent aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des habitations ou de l’habitacle des voitures. Du nez simplement bouché à une apnée du sommeil, nous subissons directement la détérioration de la qualité de l’air.

 

La pollution extérieure

Brume matinale ou nuage de particules? Difficile parfois pour nos yeux de différencier ce brouillard qui tombe sur la ville ou sur la campagne. Mais depuis quelques années c’est malheureusement bien souvent la pollution atmosphérique qui envahit l’air que nous respirons. Elle est liée à un ensemble de phénomènes : le trafic automobile, les systèmes de chauffage, l’épandage agricole mais aussi les mouvements d’air qui déplacent les nuages de particules dans le ciel européen.

 

En revanche, il ne faut pas confondre nuage de particules et gaz à effet de serre. Le dioxyde de carbone ou le méthane sont des gaz à effet de serre. Ils sont naturellement présents dans l’air mais s’il y en a trop, l’effet de serre se renforce et le réchauffement climatique tend à augmenter.

 

Les particules présentes dans l’air sont très variées : oxyde de carbone, oxyde de soufre, oxyde d’azote, plomb, mercure, ozone, entre autres. En France, c’est Airparif qui suit une soixantaine de polluants atmosphériques et qui déclenche les alertes lorsque certains seuils sont dépassés.

 

La pollution intérieure

On se croit souvent à l’abri de toute pollution une fois à l’intérieur, loin des particules qui volent dans l’air. Pourtant nos intérieurs contiennent de nombreuses sources de pollution : les équipements contiennent des substances chimiques comme des solvants, des conservateurs, des dégraissants, des désinfectants. Il y a aussi les produits de nettoyage, les peintures, les colles, les produits cosmétiques, les tissus, le plastique. Tous ces éléments dégagent au fil du temps des molécules chimiques suite à l’utilisation du produit, ou tout simplement à son vieillissement. Les substances chimiques imprègnent la poussière et l’air que l’on respire. 300 substances différentes ont été recensées et au moins 30 sont reconnues comme nocives. Il est possible de mesurer la qualité de son air intérieur par un professionnel. Renseignez-vous auprès de votre médecin.

 

À l’intérieur de la voiture, l’air aussi n’est pas toujours respirable. Le coupable, c’est la voiture positionnée juste devant : ses gaz d’échappement sont envoyés directement vers l’arrière et pénètrent par les conduits d’aération. Il est conseillé de fermer la ventilation dans les tunnels ou si un véhicule polluant se trouve juste devant. Vous pouvez ouvrir les fenêtres juste après pour aérer.

 

Nez bouché chronique

Toutes ces pollutions vont avoir diverses conséquences, parfois bénignes mais très inconfortables. Le nez bouché est souvent décrit lors d’une consultation lors que l’on souffre d’une rhinite. Mais parfois le rhume qui dure habituellement trois semaines, traine jusqu’à six mois. C’est la fosse nasale qui est touchée et plus précisément les cornets nasaux qui la constituent. L’air inspiré glisse sur ces cornets et lorsque le nez est bouché cela entraîne une douleur. La pollution vient aggraver la douleur : les cornets réagissent au contact des particules. Se produit alors une inflammation qui augmente leur volume. Cela rétrécit encore un peu plus les voies aériennes et augmente la gêne respiratoire, de jour comme de nuit.

 

Apnée du sommeil

L’apnée du sommeil touche aujourd’hui 4% des adultes. Elle se caractérise par des arrêts respiratoires d’au moins 10 secondes dus à un rétrécissement des voies aériennes supérieures.

 

La pollution de l’air quant à elle n’a jamais été directement liée au SAS. En revanche des études ont montré que la pollution pouvait aggraver la maladie. 3000 sujets apnéiques ont été suivis dans différentes villes. Des chercheurs ont analysés la qualité du sommeil, le temps de sommeil, la fréquence des apnées ainsi que le degré de pollution. Le résultat est clair: plus la pollution est forte, moins le sommeil est récupérateur et plus les apnées augmentent.

 

Conseils pratiques lors d’un pic de pollution

Si on ne peut éviter l’air qui nous entoure, voici quelques conseils pour limiter l’impact sur la santé:

 

› Evitez d’être en voiture dans les embouteillages.

› Ne faites pas de sport à l’extérieur.

› Ne marchez pas sur les grands axes routiers.

› Déplacez vous en vélo.

› Aérez votre intérieur au moins quinze minutes par jour.

 

Il y a depuis quelques années une volonté politique forte sur la pollution atmosphérique. Malheureusement les discours ne sont pas toujours suivis d’actes. Pourtant, au delà de la préservation de la planète, c’est notre santé qui est engagée. Les solutions sont entre nos mains, celles des industriels et des autorités publiques.