Sommeil et Pleine Lune

Entre croyances folkloriques et réelles influences, la pleine lune fascine l’homme depuis des siècles. Elle recèle de nombreux mystères qui commencent enfin à être percés. A propos du sommeil, les symptômes décrits sont en général des nuits agitées, un sommeil léger, ou des difficultés à s’endormir. Si jusqu’ici le rapport avec la pleine lune n’était qu’une hypothèse, il semblerait qu’en fait un véritable lien existe!

 

Comme de nombreuses découvertes, c’est par hasard qu’une équipe de chercheurs suisse a fait le lien entre le sommeil et la pleine lune. On est loin bien sûr des histoires de loup-garou et autres vampires! La recherche a porté sur la physiologie du sommeil ainsi que sur la qualité des cycles.

 

Des chercheurs curieux

Au début des années 2000, une équipe de chercheurs de l’université de Bâle en Suisse s’est penchée sur le sommeil d’une trentaine de volontaires afin d’apprécier les différences entre hommes et femmes selon leurs âges. Quelques années plus tard, par un soir de pleine lune, l’un des chercheurs a laissé aller son imaginaire et sa curiosité! Et si des différences de sommeil existaient selon le cycle lunaire!? Ses collègues dubitatifs se sont dit qu’ils n’avaient rien à perdre à relire les résultats, sous un autre angle. A leur grande surprise, il existait bien des différences significatives sur la qualité et la quantité de sommeil pendant les quelques jours qui entourent la pleine lune!

 

Des résultats saisissants

La première chose que les chercheurs ont remarqué c’est la qualité de la phase de sommeil profond., C’est le moment pendant lequel les ondes cérébrales deviennent lentes Autour de la pleine lune, l’activité cérébrale est moins réduite et l’intensité du sommeil profond diminue de 30%! Le cerveau se repose beaucoup moins bien.

Un deuxième point a été noté par l’équipe suisse à propos de la durée du sommeil. Les participants à l’étude, ont mis en moyenne cinq minutes de plus à s’endormir et ont perdu vingt minutes de sommeil les jours de pleine lune.

Pour appuyer ces résultats, les chercheurs ont analysé le taux de mélatonine dans le sang. Cette hormone du sommeil joue un rôle primordial. Elle est produite à la tombée de la nuit pour faciliter l’endormissement et le sommeil, et normalement son taux diminue à partir de quatre heures du matin avant la phase d’éveil. À la pleine lune le taux de mélatonine est plus faible qu’à l’accoutumée au moment du coucher. Cela confirme bien la diminution de la quantité de sommeil.

 

Des causes encore peu connues

Si le constat de l’influence de la pleine lune sur le sommeil est établi, il en est autrement des raisons de cette différence. Les cycles du sommeil sont régis par une horloge interne dite circadienne. C’est l’alternance jour/nuit sur un rythme de 24 heures qui contrôle notre sommeil. Les résultats de cette étude mettent en lumière l’existence d’un rythme parallèle basé sur les cycles de la lune. Nous aurions aussi en nous une horloge interne dite «circa-lunaire». Serait-ce les vestiges de nos ancêtres millénaires? Probablement. En des temps reculés, la nature environnante avait une influence très forte sur la vie quotidienne des hommes. A la pleine lune, l’homme était plus visible donc une proie plus facile. Il devait donc être capable de réagir vite. Mais cela n’est qu’une hypothèse.

Le fait que la pleine lune apporte plus de lumière et donc retarde l’endormissement est une piste à explorer.

 

La Lune a toujours accompagné la Terre et l’imaginaire de ses habitants. La science moderne a pu répondre à quelques unes des nombreuses questions que cet astre a inspirées. Oui, la pleine lune a bien une influence sur le sommeil en diminuant sa durée et sa qualité. Comment? Peut-être à cause de la lumière qu’elle produit. Pourquoi? Cela demeure encore un mystère. Certains secrets de la lune restent encore à découvrir

 

http://www.cell.com/current-biology/abstract/S0960-9822(13)00754-9

 

Par Karima Mourjane