Sommeil et Obesité

Depuis plusieurs décennies, l’obésité est un véritable problème de santé publique qui ne fait qu’accroître. Aujourd’hui plus d’un tiers de la population mondiale souffre de surpoids ou d’obésité. La progression du phénomène n’épargne ni les pays développés, ni les pays émergents. De nombreuses études ont montré un lien entre l’obésité et des troubles du sommeil.

 

Au delà du seul problème esthétique, l’obésité a des incidences désastreuses sur l’organisme. Elle provoque des maladies cardiovasculaires, de l’hypertension, du diabète, de l’arthrose, des cancers, entre autres. C’est aussi un fardeau dans tous les gestes de la vie quotidienne mais aussi la nuit. Une personne obèse dort mal en général.

 

Obèse ou en surpoids?

En 2012, l’étude obEpi a montré que 47% de la population française est en surpoids ou obèse. Les études et chiffres portant sur le taux d’obésité en France et dans le monde, sont principalement basés sur une donnée : l’IMC, l’indice de masse corporelle. C’est un indicateur de corpulence. Vous pouvez le calculer en divisant votre poids par votre taille en centimètre et au carré:

 

IMC= Poids en kg / (taille en cm)2

 

Exemple: Une personne d’1m65 pesant 65 kilos a un IMC= 65 / (165×165)= 23,9. La corpulence est normale. Pour un poids de 70, l’IMC est égale à 25,7. C’est une situation de surpoids. A partir de 82kg, la personne est considérée comme obèse. Vous trouverez facilement sur Internet des logiciels de calcul. La classification de l’IMC est disponible sur le site de l’OMS.

 

Obésité: cause ou conséquence?

Que l’on aborde le problème dans un sens ou dans l’autre, l’obésité et les troubles du sommeil sont intimement liés.
Le manque de sommeil augmente le risque d’obésité de 50%. En 2012, une étude italienne de grande ampleur, soit 600 000 participants, a révélé que dormir moins de 6 heures par nuit favorisait l’apparition du diabète et de l’obésité. L’appétit ainsi que le sommeil sont régulés par un système neuro endocrinien. Le cerveau contrôle des hormones qui déclenchent, la faim, la soif, l’endormissement. Tout dérèglement particulier, a une influence sur le système en général. Il a été aussi observé que les personnes ayant une dette de sommeil vont avoir tendance à manger des aliments plus gras et plus sucrés.

 

Dans ce cas là, il faut faire évoluer ses habitudes de sommeil. Quelques conseils simples :
› Créez un environnement serein et apaisant dans votre chambre.
› Evitez les activités trop stimulantes avant le coucher.
› Favorisez des horaires de sommeil réguliers.
› Pas de café, alcool, cigarette le soir.
› Dinez léger.

 

Si le manque de sommeil fait grossir, l’obésité quant à elle entraîne des troubles du sommeil beaucoup plus conséquents. Les graisses accumulées au niveau du cou et du pharynx favorisent l’apparition du syndrome d’apnée du sommeil obstructif. 60% des personnes obèses souffrent de cette pathologie. L’apnée du sommeil est très bien prise en charge grâce à un traitement par Pression Positive Continue, constitué d’un masque et d’une machine capable d’insuffler de l’air dans les voies aériennes supérieures afin de les maintenir ouvertes. En revanche s’attaquer à la prise de poids reste capital car elle peut permettre de réduire la sévérité du syndrome. Un régime alimentaire équilibré reste la base de toute perte de poids. Là encore, sommeil et métabolisme alimentaire sont liés. Une étude a suivi des sujets en surpoids et au régime. Les chercheurs ont comparé les nuits de chacun. Résultat, si tous ont perdu le même poids, les petits dormeurs ont perdu plus de masse maigre, c’est à dire de muscle, que les autres. Pourtant le but recherché est bien une perte de la masse grasse.
Faîtes appel à des professionnels de santé pour vous accompagner dans un régime adapté à votre métabolisme et à votre mode de vie.

 

Sommeil et obésité, c’est le cercle vicieux par excellence et dans tous les cas, nous sommes perdants. «Je dors mal, je grossis. Je grossis et je dors encore plus mal». Si votre entourage vous signale une prise de poids ou si vous-même vous vous inquiétez de vos nuits difficiles, parlez en car en étant isolé, il est très difficile de reprendre en main son poids. Pourtant les chiffres montrent bien que vous n’êtes pas seul.

 

Par Karima Mourjane