Sommeil et nuisances sonores

Une ambiance calme et sereine, c’est l’idéal pour bien dormir. Malheureusement tout le monde n’a pas cette chance: un boulevard très passant, une ligne de chemin de fer, des bars qui ferment tard ou bien des livraisons très tôt le matin, certains d’entre nous habitent dans un environnement bruyant. Et pendant la période estivale, les feux d’artifice sont souvent de sortie, en particulier autour du 14 juillet. Nous sommes bien souvent capables de nous adapter voire d’oublier ce bruit présent au quotidien. Mais qu’en est-il vraiment inconsciemment? Notre cerveau fait-il complètement abstraction?

Alors qu’il est possible de fermer les yeux, il n’est pas possible de «fermer» ses oreilles! Et le cerveau lui aussi reste actif au cours de la nuit. Même si en apparence, nous n’entendons pas les sons, le cerveau continue de réagir au bruit pendant que nous dormons. Cela peut être nocif pour la santé mais il existe des solutions.

Le système auditif

Le son est entendu grâce à notre système auditif depuis l’oreille externe jusqu’au cerveau et passe par plusieurs intermédiaires, notamment l’oreille moyenne et l’oreille interne.
L’oreille externe est l’appareil de réception des ondes sonores que le pavillon va capter. Le conduit auditif va ensuite transmettre le son jusqu’au tympan. La transmission se poursuit dans l’oreille moyenne où le son prend la forme de vibrations sonores. Une fois dans l’oreille interne, le son fait vibrer un liquide. Des sortes de poils, appelés cils se mettent alors en mouvement et activent la formation d’un signal nerveux transmis au cerveau par le biais du nerf auditif.

Le cerveau, programmé pour réagir
Même lorsque l’on dort, le système auditif continue de fonctionner. Le nerf auditif réagit aux sons les plus infimes. Il fut un temps très lointain où l’homme devait être sans cesse en alerte, toujours prêt à fuir au moindre bruit. De nos jours, si la fuite n’est plus au programme de nos nuits, le corps lui, enregistre tout de même comme un signal d’alarme. L’organisme sécrète des hormones de stress, la pression artérielle ainsi que la fréquence cardiaque augmentent.

Le cerveau est bien évidemment capable de filtrer un bruit extérieur sans importance d’un bruit qui nécessite un réveil. Par exemple une alarme de voiture peut passer inaperçue alors qu’un bébé ou un enfant qui pleure peut immédiatement être entendu. Mais tout ce travail d’évaluation et de filtrage des sons demande à l’organisme de l’énergie. Cette énergie est inutilement utilisée et participe à la fatigue due à une mauvaise nuit.

Des conséquences sur la santé
L’Agence Européenne de l’Environnement fait tous les ans un état des lieux des risques sanitaires dus aux nuisances sonores. Elles seraient à l’origine en Europe de plus de 10 000 décès prématurés: 67% suite à des crises cardiaques et 33% à cause d’accidents vasculaires cérébraux. Il y a donc bien un problème de santé public ainsi qu’un enjeu financier. Rien qu’en France, l’impact du bruit des transports coute près d’un milliard d’euros à la société.
L’idéal est de ne pas dépasser la limite de 62 décibels pendant la nuit. Cela correspond au bruit d’un sèche-linge par exemple.

Des solutions

Le bruit fait partie de nos sociétés modernes. S’il n’est pas possible de l’éliminer complètement, il existe tout de même des solutions:

› Installer les chambres à coucher coté cours ou jardin, en évitant si possible la rue.

› Equiper son habitation de fenêtres double ou triple vitrage. Veiller à bien aérer les pièces car l’air se renouvèle moins bien avec des fenêtres isolantes.

› Poser si nécessaire des cloisons d’isolations phonique sur les murs.

› Porter des Boules Quies occasionnellement.


Entre les autoroutes, les véhicules d’urgences, les deux-roues, les souffleries d’usines, le bruit est partout aujourd’hui. Il faut d’une part ne pas prendre le problème à la légère et d’autre part connaître et tirer parti des solutions existantes.

Par Karima Mourjane