Sommeil et Insomnie

Impossible de dormir. Tout le monde a connu cela au moins une fois dans sa vie. Il suffit parfois d’un rien pour que le sommeil ne vienne pas. Pour 20 à 30%* de la population, cela arrive occasionnellement mais pour près d’une personne sur 10, c’est un vrai trouble chronique du sommeil. Il est donc important de bien distinguer les différents types d’insomnies afin d’y apporter la solution adéquate.

Qu’elles soient chroniques ou occasionnelles, trois insomnies peuvent exister dans la chronologie de la nuit:

› L’insomnie initiale. Au moment de l’endormissement, le sommeil met plusieurs heures à arriver.

› L’insomnie de maintien. La nuit est hachée par de nombreux réveils avec une difficulté à se rendormir.

› L’insomnie terminale. Le réveil est extrêmement matinal.Toutes ces insomnies ont la même conséquence, une fatigue qui s’installe avec le temps, des difficultés de concentration et de mémorisation, et une humeur maussade.Les causes du mal sont multiples.

L’anxiété
De nombreuses personnes sont d’un naturel anxieux. Pour d’autres le stress va être présent à certains moments de la vie. Cela peut donc vraiment toucher tout le monde. Au moment du coucher, les pensées fusent, impossible alors de se détendre et de s’endormir. Le cerveau est incapable de se « mettre en pause ». Cela peut aller de la pensée la plus banale comme aller chez le pressing ou ne pas oublier la réunion parents/professeurs, à des pensées plus angoissantes comme la peur de tomber malade ou de perdre son emploi. Toutes ces réflexions entrainent et alimentent le mécanisme de l’éveil. Il est souvent conseiller d’essayer la méditation ou une activité de détente comme le yoga. Cela vide l’esprit de cette pollution cérébrale.

L’âge et le sexe
Tous les médecins le disent, le sommeil devient plus fragile avec l’âge. Jusqu’à 20 ans en général, les nuits se font souvent d’une traite. Puis viennent les premiers choix dans les études ainsi que dans la carrière professionnelle. Avec la trentaine, les enfants sont là et les responsabilités augmentent. A partir de 50 ans, on est plus souvent malade. C’est une nouvelle source d’inquiétude. Encore une fois il faut essayer de prendre du recul sur tous ces événements de la vie. La méditation est un moyen efficace pour relativiser.Attention, les femmes semblent être plus sujettes à l’insomnie que les hommes, quel que soit leur âge. Les raisons de cette différence n’ont pas encore été clairement mises en lumière.

Troubles psychiatriques
Au delà d’un stress que l’on peut tous ressentir de temps à autre, certaines personnes souffrent de réels problèmes psychiatriques. Le trouble le plus répandu est la dépression nerveuse qui se caractérise par un état de tristesse et d’abattement profond. Si l’insomnie n’est pas forcément une cause de dépression, à l’inverse la maladie s’accompagne bien souvent de cette perte de sommeil.D’autres troubles peuvent rendre le sommeil difficile, comme certains troubles phobiques. Les sujets sont pris de peurs irrationnelles et d’un fort sentiment d’insécurité. Souvent l’insomnie qui en découle va être un révélateur pour le patient et son médecin.Dans le cas d’une anxiété profonde ou d’une dépression, un suivi médical est absolument nécessaire. Il pourra s’accompagner d’une prise médicamenteuse provisoire.

Des solutions
La prise de médicaments pour traiter une insomnie occasionnelle ou chronique ne peut être une solution viable très longtemps. En France la Haute Autorité de Santé recommande aujourd’hui aux médecins de proposer aux patients des thérapies comportementales et cognitives. Certains spécialistes réapprennent à leur patient à dormir en trois mois ! La thérapie comporte l’apprentissage de nouvelles habitudes en terme d’hygiène de vie, un reconditionnement positif du sommeil, des techniques de relaxation ainsi qu’une gestion émotionnelle spécifique à chacun. N’hésitez pas à en parlez à votre médecin traitant.

L’insomnie est un véritable cercle vicieux. Plus elle s’installe et plus l’heure du coucher devient une véritable source d’angoisse. On pense déjà à la mauvaise journée à venir. Il y a donc, en dehors de maladies psychiatriques, tout un travail psychologique à réaliser sur soi-même. Détendez-vous ! C’est plus facile à dire qu’à faire, alors parlez en autour de vous ainsi qu’à votre médecin.


*Les Français et leur sommeil, étude de l’INPES (2008).


Par Karima Mourjane