Sommeil et Hérédité

On dit que les chiens ne font pas des chats…! Pour le sommeil, il semblerait que cela soit vrai! Il existe bien des familles de petits, moyens ou grands dormeurs. Les parents transmettent la couleur des yeux ou bien la taille et transmettent aussi une tendance à dormir un peu, beaucoup, passionnément, plutôt le matin ou le soir. Qu’en est-il des troubles du sommeil? Sont-ils eux aussi liés à notre patrimoine génétique? Y a t’il plus de chances d’être touché par l’insomnie ou l’apnée du sommeil si nos ascendants sont eux-mêmes touchés?

Quelques soient les troubles du sommeil, les origines du problème sont multiples. Il est donc difficile de lier directement l’hérédité avec un trouble du sommeil. En revanche de nombreux facteurs de risques peuvent être eux, héréditaires. Mais n’oublions pas que l’environnement et l’éducation jouent un rôle important dans la façon de dormir. Ainsi, le sommeil de chacun est unique malgré la génétique mais connaître son hérédité améliore la prévention.


Y’a t’il un gène du sommeil?
En 2005, des chercheurs suisses ont mis en évidence pour la 1ère fois des gènes du sommeil confirmant que nous pouvons transmettre à nos enfants ce «trait de caractère». Ils ont même pu identifier la fonction d’un de ces gènes qui agit sur la fabrication de vitamine A. Le rôle de cette vitamine est déjà connu pour le cerveau. Elle est donc aussi utile à notre sommeil.

Les parents peuvent donc transmettre un ou plusieurs paramètres relatifs au sommeil et de là naissent des familles de petits, moyens ou grands dormeurs. La recommandation principale de durée d’une nuit de sommeil est de 7 à 8 heures. En fait certains ont physiologiquement besoin de plus quand d’autres se contentent seulement de 5 à 6 heures de sommeil tout à fait réparateur. Observez et questionnez votre entourage pour adapter vos nuits au maximum!

Si la manière de dormir se transmet, certains troubles du sommeil ont aussi un caractère héréditaire.


L’insomnie
Une étude française a montré que le risque d’être insomniaque augmente de 67% lorsque l’on compte au moins un insomniaque dans sa famille. Des chercheurs sont allés plus loin. Ils ont remarqué que physiologiquement, une grande réactivité au stress est un trait qui peut se transmettre génétiquement. Si vos parents gèrent mal le stress, sachez le et mettez en place des solutions, notamment s’ils souffrent d’insomnie. N’attendez pas d’être touché à votre tour.

Apnée du sommeil
De la même manière, il y a deux à quatre fois plus de risques de développer une apnée du sommeil si au moins un parent proche est atteint. Certains facteurs de vulnérabilité de la maladie sont eux aussi héréditaires comme le diabète, l’obésité, l’hypertension mais aussi la morphologie de la mâchoire et le ronflement. Tous ces facteurs de risques sont transmissibles.

D’autres maladies du sommeil peuvent avoir un lien avec la génétique comme la narcolepsie et le somnambulisme ainsi que les terreurs nocturnes chez les enfants.

Peut-on lutter contre ses gènes?
La bonne nouvelle c’est qu’il n’y a pas de fatalité. Certes il n’est pas possible de modifier son capital génétique mais l’environnement et l’éducation peuvent renverser la vapeur. Si vos parents ou l’un de vos parents a des problèmes de sommeil, penchez vous sur la qualité de votre vie nocturne.

Posez vous la question : ai-je un bon sommeil? Vous pouvez trouver des questionnaires de prévention auprès des organismes de santé ou bien sur ce site. N’hésitez pas à en parler à votre médecin.

Certains troubles du sommeil sont bien transmissibles d’une génération à l’autre. Mais n’oubliez pas que le sommeil est aussi un comportement. On peut ainsi apprendre à mieux dormir et pourquoi pas même bien dormir!