Sommeil et gestion de la douleur

Migraine, mal de dos, maladie chronique, tous ces maux s’accompagnent d’une douleur persistante, qu’il est parfois difficile d’allier avec un sommeil de qualité. Pour certaines personnes l’idée même d’une vraie nuit de sommeil est un doux rêve devenu impossible. Il faut pourtant réagir car le manque de sommeil va participer à l’intensification de la douleur. Il faut bien sûr traiter les causes de la douleur mais aussi mettre en place de bonnes habitudes pour accompagner au mieux toute douleur.

 

Gérer une douleur chronique ou occasionnelle pendant la nuit peut devenir un véritable cercle vicieux: plus on a mal, moins on dort et moins dort, plus on mal. Il ne faut pas baisser les bras car des solutions existent pour casser cette spirale. Le plus difficile c’est de définir les causes de la douleur car elles peuvent être multiples.

 

Des douleurs qui gâchent la nuit
La sensation de douleur vient gêner l’endormissement, pour certains elle interrompt le sommeil en pleine nuit et pour d’autres elle entraîne un réveil matinal et pénible. L’esprit se focalise sur la douleur, ce qui donne l’impression qu’elle est plus présente. Et au moindre réveil, impossible de penser à autre chose qu’à la souffrance alors que pour n’importe qui, il est facile de se rendormir.
Au bout d’un certain temps, la fatigue s’installe ce qui finit même par abaisser le seuil de tolérance de la douleur. Une revue américaine a publié une expérience de la National Sleep Foundation. Les chercheurs ont étudié la résistance à la douleur de deux groupes de personnes. Les participants d’un des groupes avaient dormi deux heures de plus que ceux de l’autre groupe. Les tests de résistance à une source de chaleur sont améliorés de 25% si l’on dort plus

 

http://www.journalsleep.org/ViewAbstract.aspx?pid=28718

 

Céphalées matinales chroniques
Il y a dix ans, une vaste étude européenne a été lancée auprès de 19 000 personnes. Les céphalées matinales concernent près de 8% des personnes interrogées. De violents maux de tête sont ressentis dès le réveil. Les facteurs les plus fréquemment associés sont l’apnée du sommeil, des ronflements sonores, mais aussi l’anxiété et la dépression.
Les femmes sont plus atteintes que les hommes. Les personnes âgées entre 45 et 64 ans sont les plus touchées. Pour 15% des personnes interrogées, l’apnée du sommeil est la cause principale de la douleur. Cette maladie due à un rétrécissement important et/ou obstruction des voies aériennes supérieures, entrainent des arrêts respiratoires tout au long de la nuit. Le manque de sommeil qui en découle augmente le taux des hormones de stress et le rythme cardiaque. Résultat, la pression sanguine au niveau du crâne et des tempes est plus forte. C’est la naissance du mal de tête. Si les médicaments comme les antalgiques peuvent sauver votre journée, ils ne sont qu’une solution à court terme. Consultez un médecin.

 

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/14718329

 

Gérer douleur et sommeil en général
D’autres douleurs sont associées à un sommeil de mauvaise qualité. Qu’elles en soient les causes ou bien les conséquences, ces quelques conseils peuvent vous aider à améliorer la qualité de vos nuits:

 

➢ Pratiquez une activité sportive le jour, si vous le pouvez
➢ Faîtes une activité relaxante le soir venu: bain chaud, méditation. La relaxation progressive des muscles permet d’évacuer la sensation de douleurs. Les massages sont aussi les bienvenus.
➢ Prenez une légère collation: lait chaud ou tisane et évitez la caféine et l’alcool.
➢ Ne faites pas de sieste après 16h.
➢ Conservez une température ambiante entre 18°C et 20°C dans votre chambre à coucher.
➢ Maintenez des horaires fixes de coucher et de lever.

 

Vivre avec une douleur chronique ou occasionnelle peut vraiment vous gâcher la vie. La souffrance est présente du matin jusqu’au soir. Pourtant soigner ses nuits fait parti des bonnes pratiques pour faire disparaître ces douleurs. Les améliorations peuvent être visibles assez rapidement. Le cercle vertueux du sommeil est une vraie source de bien-être.

 

Par Karima Mourjane