Sommeil et Enfants

Entre les premiers mois de la vie et l’adolescence, le sommeil des enfants connaît d’importantes évolutions. Durant toute cette période, le sommeil est primordial. C’est pendant ce temps de repos que l’hormone de croissance est sécrétée. L’organisme renforce l’apprentissage et la mémorisation. Alors à la veille de la rentrée, bien dormir s’avère encore plus essentiel, surtout après deux mois de vacances et de détente!

 

L’éducation au sommeil est une véritable mission pour les parents. A chaque âge la nature et la durée du sommeil changent. S’ajoutent à cela les changements saisonniers comme les vacances scolaires. Souvent pendant ces deux mois d’été, les enfants profitent des soirées et décalent leur sommeil. Il faut remettre les choses en place à la rentrée.

 

L’apprentissage du sommeil

Jusqu’à deux ans, les bébés dorment en moyenne 16 heures par jour, avec des variations d’un nourrisson à l’autre, entre petits et gros dormeurs. Pendant ces premiers mois, le cerveau réalise sa maturation.

 

Entre trois et six ans, c’est le sommeil diurne qui disparaît petit à petit. La sieste ne dure pas plus de deux heures. Lorsque l’enfant ne la fait plus, le sommeil nocturne se réorganise et se rapproche de celui de l’adulte.

 

De six ans jusqu’à l’adolescence le temps de sommeil diminue: d’une part, la longueur de la nuit se réduit et le temps d’endormissement s’allonge. C’est un phénomène normal qui n’influe pas sur la qualité du sommeil.

Si dans la plupart des cas, tout se passe relativement bien, parfois les enfants souffrent aussi de troubles du sommeil.

 

Les troubles du sommeil chez l’enfant

Ces troubles peuvent touchés entre 25 à 30% des enfants de moins de six ans. Les plus courants sont les suivants:

 

➢ Des difficultés d’endormissement. Cela peut se produire s’ils ont été bercés dans les bras régulièrement. S’endormir ça s’apprend! Un pédiatre peut vous conseiller.

➢ Des réveils nocturnes. Entre trois et six ans, un enfant se réveille en moyenne trois fois par nuit car son sommeil est encore fragile. Dans un tiers des cas, l’enfant ne se rendort pas et pleure. Il a en fait besoin d’être rassuré par la présence de ses parents. Evitez de le sortir du lit ou de lui donner un biberon.

➢ Les terreurs nocturnes. Elles apparaissent en général avant 4 ans plutôt en début de nuit. L’enfant se met à crier, est inconsolable puis soudainement se rendort. A son réveil, il n’a plus de souvenir de l’événement. Une consultation est nécessaire si le trouble persiste plusieurs semaines.

➢ Le somnambulisme. Cela concerne 15% des 4-12 ans. Pendant le sommeil profond de l’enfant, il se réveille partiellement sans être conscient de ses actes.

➢ L’apnée du sommeil. Le syndrome d’apnée du sommeil touche 2 à 3% des enfants, de 2 à 6 ans principalement. Cela fait seulement vingt ans que ce trouble a été découvert chez les enfants et malheureusement il n’est pas encore suffisamment pris en compte. Comme chez les adultes, le sommeil de l’enfant est perturbé par des centaines d’arrêts respiratoires à cause d’une obstruction des voies aériennes supérieures. Très souvent, les amygdales ou les végétations ont une taille trop importante. Dans 90% des cas, une opération pour les retirer donne de bons résultats. Parfois un traitement d’orthodontie pour élargir la mâchoire du haut est pratiqué. Cette voie est encore en discussion car les conséquences à long terme n’ont pas été encore établies. Enfin dans de très rares cas, quand aucun traitement n’a fonctionné, le médecin peut mettre en place temporairement un masque associé à une machine délivrant à une pression positive continue. L’air envoyé par le dispositif permet d’ouvrir les voies aériennes supérieures.

Plusieurs études ont montré un lien entre l’hyperactivité de l’enfant et des anomalies respiratoires nocturnes. L’apnée du sommeil entraîne une mauvaise oxygénation du cerveau ce qui provoquerait des dommages pour le développement cérébral.

 

Aucun de ces troubles n’est en tout cas une fatalité. N’hésitez surtout pas à en parler au pédiatre.

 

Bien préparer la rentrée

Pendant les vacances, les parents sont en général moins stricts sur les horaires de coucher. Le plus souvent les enfants se rattrapent en se réveillant plus tard, ce qui crée un décalage qui s’installe au fil des semaines. De retour à la maison, les enfants refusent d’aller se coucher, ils ont du mal à s’endormir et sont agités pendant la nuit. De plus, pour certains, l’approche de la rentrée n’est pas rassurante. Tous ces changements sont à l’origine de troubles de sommeil passagers. Les pédiatres sont souvent interpellés par les parents en cette période, et voici leurs conseils:

 

➢ Pour commencer, fixer une tranche horaire d’une heure de coucher, à adapter selon l’âge de l’enfant.

➢ L’heure précédant le coucher, privilégiez calme et détente. Faîtes le bain, de la lecture, un dîner en famille. Evitez la télévision.

➢ Instaurez un rituel de coucher.

➢ Sauf indication médicale, ne donnez pas de somnifère. Ces médicaments sont une drogue dont les effets d’addiction sont puissants.

➢ Réveillez vos enfants plus tôt pour les recaler. Fini la grasse matinée!

 

Pour être sûr que tous ces conseils fonctionnent, toute la famille doit reprendre les bonnes habitudes au moins huit jours avant la rentrée. Les parents doivent aussi donner l’exemple!

 

Prendre un bon départ dès la rentrée c’est capital et réussir ses nuits, c’est donner à ses enfants toutes les chances de bien commencer l’année. Concentration, mémorisation, bonne humeur, autant de qualités nécessaires pour être un élève efficace.

Si vous rencontrez des difficultés, faites appel au pédiatre ou au pédopsychiatre. N’hésitez pas car si le sommeil des enfants est perturbé, le votre le sera aussi!

 

Sources

 

Seailles T, Couloigner V, Cohen-Lévy J. Savoir dépister le Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil (SAOS) de l’enfant. Rev Orthop Dento Faciale 2009 ;43:261-277.

 

http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2012/02/29/peds.2011-1402.abstract?sid=a821e576-8156-449f-9668-fab8cb262665

 

By Karima Mourjane