Sommeil et Depression

Lorsque la dépression survient, les idées noires envahissent votre esprit et les nuits blanches s’installent. Une fatigue chronique apparaît et le cercle infernal démarre.


Résoudre son problème de sommeil peut-être le début de la guérison de la dépression.

Neuf millions de français sont touchés par la dépression. C’est un trouble de l’humeur généralisé qui peut affecter notre santé dans son ensemble. Faisons le point sur les symptômes.

Les symptômes
La dépression est une maladie difficile à diagnostiquer. Les symptômes s’installent petit à petit, insidieusement. De plus il existe encore un tabou dans la société qui rend cette maladie difficile à accepter. Aller chez le psychiatre est encore mal vu. Quels signes doivent vous alerter:
› Une tristesse intense souvent accompagnée d’un sentiment de désespoir.
› Des idées noires que l’on ressasse constamment.
› Un sentiment de fatigue permanent et un manque d’énergie.
› Un désintérêt général avec une notion de plaisir inexistante.
› Des douleurs psychosomatiques, comme des maux de têtes ou bien douleurs abdominales et articulaires qui n’ont pas d’origine physiologique. Les femmes peuvent voir leurs règles perturber voire disparaître.
› Des troubles de l’attention et de la concentration
› Des troubles alimentaires avec selon les cas, une perte d’appétit et de poids ou bien à l’inverse, une prise de poids conséquente.
› Des troubles du sommeil.

Comment se passe la nuit?
80 % des patients dépressifs déclarent être insomniaques légers ou sévères. Les difficultés surviennent dès le début de la nuit, avec une impossibilité à s’endormir, même dans le cas d’une grande fatigue. Ou bien durant la nuit, les réveils sont fréquents. Tout au long de la nuit, les phases de sommeil profond sont trop courtes et les phases de sommeil paradoxal sont trop longues. Parfois on peut aussi se réveiller bien avant l’heure habituelle. Dans tous les cas, au matin, le réveil est plus que difficile et la fatigue est présente tout au long de la journée. Et même accumulée, cette fatigue n’aide pas vraiment à dormir la nuit suivante. La dépression s’avère être un cercle vicieux dont il faut vite sortir.

Dans certains cas, c’est l’inverse qui se produit. La personne dépressive dort beaucoup (trop) pour fuir sa souffrance. On parle d’hypersomnie. Malgré tout les symptômes de grande fatigue et de perte d’énergie sont les mêmes.
Si cette hypersomnie revient tous les ans dès l’automne, elle est liée à une dépression saisonnière. La luminothérapie est alors une solution appropriée, parlez en à votre médecin.

Dépression et sommeil : les solutions
Les chercheurs ont noté que l’insomnie était plus qu’un signe de la dépression. Une étude a démontré qu’elle précédait la phase dépressive. C’est donc plus qu’un lien de cause à effet mais une véritable association. On parle de co-morbidité entre insomnie et dépression. Il est alors naturel d’observer que l’amélioration du sommeil des personnes dépressives donne de bien meilleurs résultats que la méthode qui consiste à ne traiter que la dépression. Et avant d’user de traitement médicamenteux, les médecins préconisent quelques gestes simples :
› Etablissez des horaires fixes de lever et de coucher.
› Ne faites pas de sieste excédant une durée de 20 min dans la journée.
› Donnez à votre chambre une véritable atmosphère de détente.
Pour les insomnies sévères, le médecin peut même priver de sommeil son patient, dans un cadre bien défini.

Il existe évidemment toute une gamme de médicaments pour traiter la dépression avec pour chacun des effets différents sur le sommeil. Les antidépresseurs tricalciques et sédatifs améliorent bien le sommeil. Par contre les antidépresseurs contenant de la fluxétine perturbe la continuité du sommeil. Les antidépresseurs de 2ème génération dits IMAO aggrave l’insomnie quand aux antidépresseurs dits IRS capteurs de sérotonine, leurs effets varient. Pour plus de précisions, faites appel à un médecin spécialisé. Attention aussi à l’arrêt du traitement.

Le syndrome d’apnée dusommeilest un trouble caractérisé par des arrêts respiratoires répétés tout au long de la nuit.La maladie empêche le bon déroulement de celle-cietdes cycles desommeildu patient. Les causes sont multiples : obésité, hypertension artérielle, tabagisme, entre autres. Ladépressionpeut-elle, elle aussi, entrainer ce syndrome? Il n’y a pas de lien direct entre les deux troubles. En revanche l’apnée dusommeilentraîne une fatigueetun épuisement qui aggrave ladépression. Lorsque l’apnée dusommeilest traitée, le patient voit son état dépressif amélioré. Le traitement largement utilisé est constitué d’un masqueetd’une machine à pression positive (PPC) dont l’objectif est de libérer les voies aériennes du patient. Un étude canadienne a démontré qu’unedépressionsévère était fortement corriger par un traitement PPC.

La résolution de l’insomnie dans le cadre d’une dépression est le signe que le patient est en voie de guérison. Dans ce cas le patient évite aussi le risque d’une rechute. La France est une des pays où l’on consomme le plus d’antidépresseurs au monde. Veillons mieux à notre sommeil pour enfin descendre du podium.

par Karima Mourjane