Sommeil et Somnambulisme

Entre peur et idées reçues, le somnambulisme est un trouble qui véhicule de nombreux fantasmes. Les déambulations hors du lit paraissent inquiétantes pour l’entourage alors que le somnambule lui, ne se rend compte de rien. Il est à la fois endormi et éveillé et c’est ce qui fascine dans cette maladie.

Est-ce dangereux? Doit-on réveiller un somnambule? Comment traiter le problème? Autant de questions que l’on se pose sur un illustre mal finalement très méconnu.

 

Le somnambulisme est un trouble du sommeil classé dans le groupe des parasomnies. C’est une perturbation du sommeil lent profond. Elle touche principalement les enfants de 8 à 12 ans, particulièrement les garçons. Les adultes aussi peuvent être touchés, environ 2 à 4 %.

 

Que fait un somnambule la nuit?

C’est pendant la première partie de la nuit que la crise de somnambulisme survient, en particulier pendant les deux premières heures qui suivent l’endormissement. En plein sommeil, le somnambule se lève, les yeux ouverts et déambule dans sa chambre. Dans la majorité des cas, il se contente de gestes simples, il peut sortir de sa chambre, descendre les escaliers, aller dans la cuisine et revenir spontanément dans son lit. Si les épisodes de somnambulisme durent en général quelques minutes, ils peuvent parfois être plus longs, jusqu’à trente minutes.

Parfois le somnambule peut sortir de chez lui et aller jusqu’à conduire sa voiture! Heureusement cela arrive très rarement.

Dans tous les cas, à son réveil, le somnambule n’a aucun souvenir de ses aventures nocturnes.

 

Il existe par ailleurs, une forme très rare de somnambulisme, appelée sexsomnie. Au lieu de se lever ou de parler, le somnambule se masturbe ou tente d’avoir un rapport sexuel avec la personne dormant à ses cotés. C’est un trouble qui peut prêter à sourire mais qui est handicapant quand on souhaite mener une vie de couple sereine.

 

Faut-il réveiller un somnambule?

C’est la fameuse question à laquelle finalement on ne sait pas vraiment répondre!

Il n’y a pas de danger physiologique à réveiller un somnambule. En revanche celui-ci risque d’être confus et de ne pas tout de suite comprendre ce qui lui arrive. Faites attention tout de même car certains peuvent réagir avec agressivité allant même jusqu’à donner des claques et des coups. Cette fois les blessures sont à comptabiliser du coté de l’entourage.

Vous pouvez en revanche communiquer avec un somnambule car il est capable de répondre à des questions ou à des commandements mais dans un langage facile comme «oui» ou «non». Il vaut donc mieux lui suggérer de se recoucher plutôt que de le réveiller. Cela ne veut pas dire que le somnambule va vous écouter! Il peut même montrer de l’agacement, alors soyez patient!

 

Les causes du somnambulisme

Les mécanismes physiologiques ne sont pas encore complètement décryptés. L’hypothèse avancée serait une mauvaise coordination des systèmes de veille et de sommeil.

Ce que l’on sait par contre, c’est que le somnambulisme est d’origine génétique. Si vous êtes atteint de ce trouble, vous trouverez très souvent dans votre famille une personne souffrant aussi de ce problème. Ce n’est en revanche pas une maladie chronique. Il existe des facteurs déclenchant les crises comme le stress, le manque de sommeil ou bien une grande fatigue physique.

Certains médicaments psychotropes peuvent aussi provoquer des crises, en particulier ceux à base de lithium. Si vous êtes prédisposé à cause de votre famille, parlez en à votre médecin.

Par ailleurs, il est à noter que les personnes souffrant d’épilepsie peuvent être sujettes aux déambulations nocturnes.

 

Traiter le somnambulisme

Avant de s’attaquer au traitement des crises, il absolument impératif de sécuriser l‘environnement du somnambule car pendant ses déambulations, il peut trébucher, tomber, se cogner. Il faut donc fermer à clef la porte principale de l’habitation, bloquer les fenêtres, ôter tous les objets dangereux, éviter les lits superposés pour les enfants.

Quant aux facteurs déclenchant le somnambulisme, voici quelques conseils pour limiter les crises:

➢ Adoptez des heures de couchers et de levers réguliers.

➢ Couchez vous tôt afin de dormir suffisamment.

➢ Pour les enfants, pratiquez des réveils programmés 15 à 20 minutes avant l’heure moyenne de survenue des crises, plusieurs nuits d’affilée. Le pédiatre peut vous aider à mettre en place cette méthode.

➢ Essayez l’hypnose si vous êtes réceptif à cette pratique.

 

Si vous souffrez d’autres troubles du sommeil comme l’apnée du sommeil, il est important de traiter le problème. Une mauvaise qualité de sommeil fait partie des facteurs déclenchants.

 

Si le somnambulisme a été teinté de mystères pendant des siècles, il est aujourd’hui un peu mieux perçu. Aucun mystère à l’horizon mais un problème avec le sommeil profond qui se transmet le plus souvent d’une génération à l’autre. Avoir une bonne hygiène de sommeil reste le meilleur moyen d’en venir à bout.

 

http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-de-la-sante/20140203-a-la-recherche-du-gene-du-somnambulisme.html

 

http://www.aasmnet.org/articles.aspx?id=1686

 

Par Karima Mourjane