Sommeil et Personnes Agées

Au fil du temps et des âges de la vie, le sommeil perd de sa superbe, en particulier après 50 ans. Au nombre des années viennent s’ajouter d’autres facteurs qui influent de manière négative sur la qualité des nuits: maladies, médicaments, passage à la retraite, ménopause pour les femmes. Comment traverser cette période le plus sereinement possible? Améliorer son hygiène de vie est certainement la direction à prendre pour optimiser ses nuits et ainsi bien vieillir!

 

Surnommer les séniors ou bien les ainés, les personnes de plus de 50 ans ont une physiologie qui leur est propre et le sommeil ne déroge pas à la règle. Il y a donc certaines habitudes à revoir et à adapter. Dans le cas de certaines maladies, une prise en charge est nécessaire.

 

Un sommeil différent

Quand on vieillit, la qualité du sommeil ainsi que le rythme nocturne connaissent de grands changements. Les cycles du sommeil durent toujours quatre vingt dix minutes, mais la répartition des différents stades n’est plus la même. Les stades 1 et 2 de sommeil léger sont plus longs et les stades 3 et 4 de sommeil profond sont plus courts.

 

Il y a également plus d’éveils dits intra-sommeil, entre les cycles, à cause de variations physiologiques: une plus grande sensibilité au bruit, une difficulté de régulation au chaud et au froid. Après 50 ans la température corporelle ne varie plus de la même manière. Plus jeune, elle s’abaisse vers 23h ce qui correspond à l’arrivée du sommeil le soir. Avec l’âge, cette baisse de température est moindre et survient plus tôt dans la soirée. Le passage de l’éveil au sommeil se produit plus tôt. On appelle ça le syndrome d’avance de phase.  

 

Les conséquences sont une diminution du temps de sommeil réel mais aussi de sommeil réparateur. C’est pourquoi à un âge avancé, les siestes sont importantes. La répartition du besoin de sommeil sur 24h prend une forme différente après 50 ans.

 

La retraite, une nouvelle vie.

Pour les plus de 60 ans, la retraite est un vrai changement de vie et de rythme. Si cette nouvelle période est envisagée comme un moment fait de sérénité, de repos et de nouvelles activités, elle est dans les faits très souvent mal préparée.

 

Il est capital de maintenir des activités régulières afin de conserver une routine quotidienne favorable à un bon sommeil. Pendant les années de travail, l’horloge biologique a suivi un rythme souvent constant que la retraite ne doit pas venir désynchroniser. Même si la tentation est grande de rester au lit le matin ou de faire de grandes siestes la journée, il est important de garder des horaires de couchers et de levers réguliers. Les engagements associatifs à temps plein ou à temps partiel permettent de maintenir une vie sociale. Et des activités sportives extérieures permettent de conserver une bonne hygiène de vie tout en s’exposant à la lumière du jour. En améliorant l’éveil la journée, on améliore le sommeil pendant la nuit.

 

Des problèmes médicaux

Avec l’âge, malheureusement, les maladies font leur apparition et certaines viennent troubler le sommeil. Sans faire une liste exhaustive des troubles concernés, on peut citer l’ostéoporose, l’arthrite, les problèmes respiratoires et cardiaques, les cancers. Les douleurs associées à ces maladies perturbent la nuit. Viennent s’ajouter à cela les perturbations dues aux médicaments qui traitent ces troubles. C’est un véritable cercle vicieux!

 

Arrêtons nous sur deux troubles du sommeil plus fréquents avec l’âge:

 

➢ L’apnée du sommeil. Cette pathologie touche ¼ des plus de 65 ans*. Pendant la nuit, des pauses respiratoires ponctuent le sommeil, conséquence d’une obstruction des voies aériennes supérieures. Un enregistrement dit de polygraphie ventilatoire ou de polysomnographie permet de réaliser un diagnostic fiable. Le traitement de référence de la maladie est la PPC (pression positive continue). Un appareil (la PPC) insuffle de l’air par le biais d’un circuit et d’un masque apposé sur le visage, afin de maintenir les voies aériennes supérieures ouvertes.

➢ L’insomnie. Ce trouble peut s’accentuer avec l’âge ou apparaître quand certaines pensées deviennent trop présentes: angoisse de la mort, de la solitude, de la maladie. 72% des séniors seraient touchés. Un déménagement dans une maison de retraite peut accroitre les symptômes. Les risques de dépression sont à surveiller. Ne restez pas seul, communiquez avec votre entourage et votre médecin.

 

Certains médecins préconisent une recherche systématique des troubles du sommeil chez les personnes âgées.

 

Une bonne hygiène de vie

L’efficacité du sommeil diminue avec l’âge. Voici quelques conseils pour améliorer la qualité de ses nuits:

 

➢ S’exposer à la lumière naturelle.

➢ Pratiquer une activité sportive plutôt le matin.

➢ Mangez léger en privilégiant les protéines au déjeuner et les sucres lents au dîner.

➢ Evitez si possible les somnifères et privilégiez les méthodes de relaxation.

 

Quand on prend de l’âge, une mauvaise qualité de sommeil n’est pas une fatalité. Si la physiologie est clairement modifiée à partir de 50 ans, il n’est pas impossible de neutraliser certains désagréments. Le challenge c’est de se trouver un nouveau rythme et de nouvelles habitudes de vie et ainsi passer une bonne nuit! Dans tous les cas, demandez conseil à votre médecin, surtout si vous souffrez de maladies chroniques.

 

Sources

 

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19246707

 

*http://www.bva.fr/data/sondage/sondage_fiche/859/fichier_cp-insv-09-03-2010f72cb.pdf

 

 

Par Karima Mourjane