Sommeil et Conduite

La voiture est notre principal moyen de transport et les dangers sont nombreux sur la route. La somnolence pendant la conduite automobile est liée directement à un fort risque d’accident. Un constat qui n’étonne pas puisque l’endormissement au volant arrive beaucoup plus souvent que l’on ne croit, que l’on soit atteint d’un syndrome d’apnée du sommeil ou pas.  

 

L’une des premières causes d’accidents de la route, c’est la somnolence au volant. Cela représente un accident sur trois. Et une personne sur dix a déjà failli s’endormir au volant au moins une fois dans l’année. Cela se produit sur les longs trajets mais aussi lors du parcours quotidien entre le travail et le domicile. Dans 7% des cas d’endormissement un accident mineur se produit. Bien souvent ces automobilistes n’avaient pas assez dormi la nuit précédente, moins de six heures. En dessous de ce seuil, on augmente les troubles de la vigilance et de l’attention. Les temps de réaction s’en trouvent aussi diminués. Depuis de nombreuses années, les campagnes de prévention rappellent que faire une pause au volant au moins toutes les deux heures, est un réflexe capital. Il y a aussi les «trucs» de conducteurs : boire du café, ouvrir la fenêtre, discuter, chanter, manger…

 

Les sociétés d’autoroutes rappellent que conduire en état de somnolence met en danger immédiat, non seulement les conducteurs et leurs passagers, mais aussi les équipes d’intervention. Dès les premiers signes de somnolence, s’arrêter sur une aire pour une pause sommeil de 15 à 20 minutes ou changer de conducteur permet de continuer son trajet en toute sécurité. Attention danger ! Des signes d’alerte existent. Sachez les reconnaître et faites une pause sur une aire dès leur apparition. Retrouvez sur www.somnolence-au-volant.fr tous les conseils et outils pour prendre la route en toute sécurité.

 

Que se passe-t-il au moment de l’endormissement? Le passage entre l’éveil et le sommeil se fait brutalement. Tout le monde a déjà connu ça : on baille, les paupières s’alourdissent, on ressent une forte envie de reposer ses yeux tout en luttant pour ne pas le faire. C’est une phase de demi-éveil qui dure quelques secondes. A ce moment là c’est souvent trop tard : dans le cerveau, les neurones liés au sommeil prennent le dessus sur les neurones de l’éveil. Heureusement on reprend souvent ses esprits mais cet état doit agir comme un signal d’alarme : c’est le moment de s’arrêter immédiatement. Faites une micro-sieste de 15 à 20 minutes. Ou à l’inverse, faîtes de l’exercice, une marche de 5 à 10 minutes.

 

Les facteurs aggravant la somnolence au volant sont les suivants:

✓Le manque de sommeil  

Le temps de sommeil en semaine est d’une heure de moins par rapport au week-end. C’est ainsi que l’on accumule une dette de sommeil. Avoir un rythme de sommeil régulier reste le meilleur moyen de gérer ce déficit. Si vous avez la possibilité de faire une sieste au moins une fois dans la semaine ainsi que la grasse matinée le week-end, n’hésitez pas!  

✓La prise de médicaments  

Certains médicaments sont incompatibles avec la conduite. Reportez vous aux pictogrammes visibles sur l’emballage. On pense bien sûr aux somnifères ou aux tranquillisants, mais il y a aussi les antidépresseurs, et les anti-douleurs à la codéine. Des traitements plus banals sont aussi à prendre avec précaution avant la conduite, comme des anti-allergiques, des médicaments contre le rhume ou le mal des transports. Parlez en à votre médecin ou votre pharmacien.  

✓Un repas copieux  

Le temps de la digestion est propice à l’endormissement surtout s’il est accompagné d’alcool.  

✓La chaleur ou le froid excessif dans le véhicule  

 

En dehors d’une bonne nuit de sommeil, existe t’il des moyens de lutter contre la somnolence?

 

Des chercheurs ont démontré que la lumière bleue jouait un rôle dans l’éveil. La diffusion d’une telle lumière améliorerait la vigilance au volant pendant la nuit. Une lampe spéciale conçue pour l’expérience a été installée dans l’habitacle de la voiture. Les chercheurs ont réalisé la même expérience sans cette lumière mais avec du café. En comparant les résultats, ils ont eu la surprise de découvrir que la lumière bleue avait la même efficacité que le café! Les constructeurs automobiles réfléchissent à un dispositif intégré.

Parlons justement du café ; il est considéré par certains comme une «bonne drogue». Un expresso, contient 80 mg de caféine tout comme une canette de boisson énergisante. Ces breuvages rallongent le temps de l’endormissement. Attention cependant à ne pas dépasser les 500mg de caféine par jour c’est à dire pas plus de six cafés. Cet excitant peut entrainer des problèmes cardiovasculaires.

 

En revanche, entre 2 heures et 4 heures du matin, toutes ces mesures sont peu efficaces. C’est à ce moment là que l’hormone du sommeil, la mélatonine connait son pic de production. Evitez donc de conduire à cette heure là. Et pendant la journée aussi nous ne sommes pas à l’abri de l’endormissement puisqu’entre 13h et 15h, notre organisme est sujet à la somnolence. Un moment qui coïncide avec la sieste.  

 

Et si vous souffrez du syndrome d’apnée du sommeil, prendre le volant peut très vite devenir dangereux.  

Les malades apnéiques ont 7 fois plus de chances d’être impliqués dans un accident de la route. La difficulté réside dans l’autoévaluation de sa capacité psychologique et physiologique à pouvoir conduire. SI vous êtes atteints de troubles du sommeil, vérifiez bien avec votre médecin que votre état de santé ne constitue pas un danger pour vous-même ou pour les autres. Privilégiez alors les transports en commun ou le co-voiturage, vous pourrez même y rattraper un peu de sommeil !  

 

Selon la Commission de l’Union Européenne, le permis de conduire peut néanmoins être délivré à des personnes souffrant d’apnées qui démontrent que leur affection fait l’objet d’un contrôle approprié, qu’ils suivent un traitement adéquat et qu’il y a une amélioration de leur somnolence. Ces individus devront tout de même se soumettre à un examen médical régulier dans le but de vérifier à quelle mesure ledit traitement est respecté.  

 

C’est pour cette raison que les chauffeurs professionnels doivent passer un contrôle obligatoire d’aptitude médicale à conduire. Cela concerne les chauffeurs de cars, d’autobus ainsi que les chauffeurs de poids lourds.  

 

Par Karima Mourjane