Sommeil et Chirurgie

Le syndrome d’apnée du sommeil est un trouble caractérisé par des pauses respiratoires involontaires. Cette maladie toucherait en France trois millions de personnes, pas toujours diagnostiquées. Leurs nuits sont entrecoupées par des pauses respiratoires qui durent dix à trente secondes. Aujourd’hui, le traitement de l’apnée du sommeil est de mieux en mieux pris en charge avec des dispositifs médicaux plus performants. Dans certains cas particuliers, la chirurgie peut être une des options en remplacement de la PPC, traitement de référence de la maladie.

 

Lorsque l’on souffre du syndrome d’apnée du sommeil, la physiologie de l’organisme est altérée : le manque d’oxygène entraine des modifications du métabolisme et le cerveau est constamment troublé par de très nombreux micro-réveils. Résultat, le réveil est très difficile et la journée s’accompagne d’une somnolence continue. Sans traitement, à long terme, le risque de maladies cardiovasculaires augmente considérablement, ainsi que le diabète, l’hypertension, l’obésité. Heureusement, des solutions existent.

 

Le traitement de référence de cette maladie est un traitement par pression positive continue (PPC). C’est un dispositif composé d’une petite machine insufflant de l’air à travers un masque dans les voies aériennes supérieures afin de les maintenir ouvertes.

Dans certains cas, la chirurgie s’avère être une solution pour traiter le syndrome d’apnée du sommeil.

 

Les différents types de chirurgies

En général, il s’agit d’intervenir sur le fond de la gorge au niveau du voile du palais ou des amygdales, sur les fosses nasales ou encore sur la base de la langue.

 

Il existe plusieurs interventions aux noms plutôt barbares:

➢ Uvulo-palato-pharyngoplastie: le chirurgien retire la luette et une partie du palais mou pour dégager les voies respiratoires. Si cette procédure est plutôt efficace pour lutter contre le ronflement, elle ne fonctionne pas toujours dans le traitement de l’apnée.

➢ Amygdalectomie et adénoïectomie: les amygdales et les végétations sont extraites car elles peuvent gêner le passage de l’air. Cette intervention est plus souvent pratiquée chez les enfants.

➢ Chirurgie du nez et des sinus: parfois la morphologie du patient est une gêne pour la respiration ce qui nécessite une chirurgie de la cloison nasale et des sinus.

➢ Ostéotomie mandibulaire d’avancement : le chirurgien sectionne la mâchoire inférieure pour l’avancer et ainsi ouvrir le passage de l’air au fond de la gorge. C’est une chirurgie extrêmement lourde dont il faut bien évaluer le risque avec le médecin.

 

Toutes ces solutions s’appliquent pour chacune d’entre elles, à cas bien particuliers. N’hésitez pas à demander différents avis.

 

Les dernières avancées

http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1308659

La recherche médicale continue d’étudier de nouvelles voies de traitement en espérant toujours trouver une solution alternative au masque PPC. Un nouveau dispositif implanté par chirurgie vient d’être autorisé aux Etats-Unis par la FDA, l’agence américaine des médicaments. C’est une sorte de pacemaker qui stimule le nerf moteur de la langue. Celle-ci est alors projetée en avant pour laisser plus d’espace à la circulation d’air. L’opération consiste à implanter une pile sous la peau dans le haut de la poitrine. C’est grâce à une télécommande que le patient active le système avant de se coucher puis le désactive à son réveil. Les résultats de l’étude parus dans une revue américaine font état d’une réduction de 68% du nombre d’apnées par heure au cours de la nuit.

En France, le dispositif est en test à l’hôpital Foch, à Suresnes en région parisienne. Attention, tout le monde ne peut pas en bénéficier: il s’agit d’une étude clinique.

 

(Voir schéma)

 

La chirurgie peut être une solution. Malheureusement la réussite n’est pas garantie. Et il faut être conscient des implications d’une chirurgie sous anesthésie générale et des effets secondaires. En cas d’échec, les apnées peuvent même s’intensifier. Si vous prenez ce chemin, parlez-en bien sérieusement à votre médecin et n’hésitez pas à prendre un second avis.

 

Par Karima Mourjane