“L’expérience masque du patient dans le traitement du SAS par PPC”. 

 

Le traitement de référence du syndrome d’apnées du sommeil est le traitement par PPC (Pression Positive Continue). Ce traitement est constitué d’un masque appliqué sur le visage relié à un appareil délivrant de l’air sous pression, un générateur de flux. Le masque est donc l’interface directe entre le patient et le monde extérieur.Lors de la consultation avec un spécialiste des troubles du sommeil, la discussion avec le patient s’oriente très rapidement vers cette interface. Lors des consultations de suivi, le masque est à l’origine de la majorité des difficultés rencontrées par les patients. Il cristallise bien l’essentiel des questions des patients atteints de syndrome d’apnées du sommeil.

 

Pendant des années les patients se sont plaints du bruit ainsi que du poids du générateur de flux. Après de nombreuses améliorations, aujourd’hui, c’est le masque qui focalise toutes les attentions. L’expression «tue-l’amour» revient souvent dans la bouche des patients. Pourtant le bénéfice d’un traitement efficace est salvateur pour l’intimité des couples.

 

Le masque au cœur du traitement

C’est une des rares consultations, à laquelle les patients viennent accompagnés. Quand il faut établir ou non le diagnostic, la présence du conjoint(e) est importante car celui-ci est le témoin des mauvaises nuits, des réveils nocturnes et des ronflements. Et c’est encore à deux qu’ils assistent au rendu du diagnostic et à la décision de la mise en place du traitement. C’est donc capital de convaincre et d’expliquer au couple comment va se dérouler la prise en charge et quels sont les bénéfices du traitement.

 

Du coté des fabricants le confort des patients est recherché en priorité. Il y a eu des évolutions en termes de matériau pour plus de légèreté et de robustesse. La facilité de nettoyage a elle aussi été améliorée. Quand il faut quotidiennement laver le masque, il est préférable de pouvoir le démonter et le remonter facilement. 

 

Les types de masques

On peut dire aujourd’hui qu’il existe quatre types de masques:

➢ Le masque nasal. Il recouvre juste le nez. C’est le masque prescrit aujourd’hui en première intention par les spécialistes.

➢ Le masque dit narinaire. Des embouts sont positionnés à la base des narines. Initialement, il fut peu utilisé en raison de problèmes de stabilité à l’origine de déplacements du masque au cours de la nuit. Aujourd’hui ce masque est plus stable, et plus fiable, il peut être utilisé plus aisément. Ce masque «minimaliste» (très peu encombrant, sans appui frontal, ni appui sur l’arête nasale) est parfois utilisé en première intention notamment chez les patients atteints de claustrophobie, ou encore les patients présentant des allergies à la pression.

➢ Le masque facial. Il recouvre le nez et la bouche. Il est réservé aux patients qui ont une obstruction nasale importante n‘ayant pas pu être traitée par l’ORL. 

➢ Le masque«micro-nasal». Apparu récemment, il se positionne juste sur le bout du nez. A mi-chemin entre le narinaire et le masque nasal, il est sans appui frontal, ni appui sur l’arête nasale, ni contact avec la muqueuse nasale. 

 

Le choix du masque

Selon les recommandations françaises de 2010, le masque nasal doit être prescrit en 1ère intention.

Mais lors de la consultation, le médecin est attentif à la morphologie du visage du patient, au fait qu’il respire ou non par son nez…, de sorte à pouvoir orienter vers le type de masque. qui devrait assurer le meilleur confort possible.

Le prestataire de santé a aussi un grand rôle. En se rendant au domicile du patient, il accède à son «chez lui», son intimité. Le patient, son conjoint lui posent souvent des questions auxquelles ils n’avaient pas pensé lors de la consultation ou qu’ils n’ont pas osé poser au médecin. Il doit répondre à des questions pratiques sur la mise en place du masque, son nettoyage… Il a la possibilité de réadapter le masque même s’il avait fait l’objet d’une prescription spécifique initiale.

Après l’installation du traitement, le spécialiste du sommeil doit revoir rapidement le patient afin de s’assurer de la bonne tolérance, et de l’efficacité du traitement: Y’a t-il des marques importantes sur le visage ? Y’a t-il une bonne étanchéité du masque afin de maintenir un niveau de pression efficace? Autant de questions qui ont leurs réponses.

 

Les effets indésirables à corriger

L’adhésion au traitement se passe dans les tous premiers temps. Le médecin est très attentif dès les premiers jours, les premières semaines, pour que le patient atteigne un confort maximal avec son masque le plus rapidement possible.

 

Les effets indésirables imputables au masque peuvent être:

 

➢ Des lésions cutanées, des inflammations, des rougeurs. Dans le cas d’un masque nasal, l’arrête nasale peut être irritée. Il ne faut pas attendre que les rougeurs s’installent, il faut agir tout de suite. C’est très souvent un problème de positionnement. Il est aussi conseillé d’éviter de mettre des produits cosmétiques sur le visage avant de se coucher.

➢ Les fuites d’air dites involontaires. Le masque laisse passer sur le côté, un petit flux d’air. Quand il est près des yeux, cela peut entraîner des conjonctivites. Les fuites peuvent aussi gêner le patient, le réveiller ainsi que la personne à côté de lui. Lorsqu’elles sont importantes, elles peuvent également compromettre l’efficacité du générateur de flux qui ne peut maintenir le niveau de pression d’air nécessaire pour supprimer les apnées.

➢ Les allergies au silicone, texture la plus utilisée au niveau des masques. Si elle est rare, elle peut entraîner des intolérances avec quelques rougeurs ou des boutons sur la peau.

 

Une fois le diagnostic posé et le traitement mis en place, le maître mot reste la vigilance. Même quand le patient semble avoir bien compris, il peut y avoir des surprises avec un masque mis à l’envers par exemple. Ce n’est pas toujours évident pour le patient d’enregistrer une multitude d’informations en peu de temps. Un appareillage n’est pas un comprimé, c’est un dispositif médical. Alors il faut apprivoiser ses composants, et en particulier le masque.

 

Le message le plus important est de ne pas garder son problème, ses questions, ses doutes jusqu’au prochain rendez-vous avec son médecin. Il faut l’exprimer tout de suite. Un suivi rapproché du patient est capital. Des outils pratiques pour l’utilisation et l’entretien du masque sont également mis à disposition des patients par les fabricants. Au final, il est essentiel de faire en sorte que les patients équipés d’un appareil de PPC et d’un masque ne se sentent pas seuls et suivent leur traitement dans les meilleures conditions possibles, avec notamment un confort maximal avec l’interface.

 

Par Karima Mourjane