Qu'est ce qu'un laboratoire du sommeil

 

Un laboratoire du sommeil est un centre de diagnostic et de traitement des pathologies du sommeil chez l’adulte et/ou l’enfant. La prise en charge thérapeutique fait appel à plusieurs disciplines. 

 

Depuis plusieurs années une véritable prise de conscience de l’importance du sommeil sur notre qualité de vie s’est opéré. Les centres du sommeil se sont donc multipliés ainsi que des services hospitaliers spécialisés. Il en existe plus d’une centaine aujourd’hui partout en France. 

 

La liste est longue lorsque l’on s’intéresse aux troubles du sommeil: apnées du sommeil, ronflements, insomnie, somnambulisme, hypersomnie, jet-lag…entre autres. Différents mécanismes sont en jeu et les patients ne sont pas traités par un seul spécialiste. Il était donc important de dédier un service exclusivement réservé au sommeil car les médecins ont bien compris que bien dormir est essentiel à la santé. 

 

Diagnostic et traitement

La première mission d’un laboratoire du sommeil est de réaliser des enregistrements complets du sommeil dans des chambres spécialement dédiées à l’étude de tous les aspects du sommeil. 

 

L’objectif est d’observer une nuit de sommeil typique grâce à la polysomnographie. On enregistre l’activité respiratoire et cérébrale ainsi que l’activité musculaire du patient pendant son sommeil. Des électrodes sont placées sur le corps: une dizaine sur la tête pour enregistrer l’activité électrique du cerveau, deux sur la poitrine pour le rythme cardiaque. Le patient porte aussi un oxymètre au bout du doigt pour mesurer le taux d’oxygène dans le sang. Pour évaluer les mouvements anormaux des jambes, des électrodes sont installées sur les membres inférieurs. Les appareils de mesures à aiguilles ont laissé place aux ordinateurs, moins volumineux.

 

L’examen se fait sous le contrôle du personnel médical assurant ainsi son bon déroulement. Il faut en moyenne six heures de sommeil pour obtenir une bonne lecture. 

 

Les chambres sont également équipées de caméras afin de suivre au mieux les patients. Que l’on soit insomniaque, somnambule ou apnéique, cette observation visuelle complète et affine le diagnostic.

 

Un laboratoire du sommeil accueille aussi des patients pendant la journée. Différents examens diurnes y sont réalisés. Par exemple le test sur la capacité d’endormissement. L’exercice consiste à faire cinq siestes, une toutes les deux heures pour étudier si le patient s’endort facilement ou non. Ou encore des tests de vigilance en voiture, qualité très importante dans de nombreux métiers. Ces tests sont réalisés assis. 

 

Dans certains laboratoires, les médecins reçoivent des sportifs de hauts niveaux afin d’apporter leur expertise et améliorer leur sommeil. Ces derniers doivent connaître leurs besoins et leurs rythmes pour s’adapter sans risque aux obligations de la compétition. En première ligne, les navigateurs. Ils sollicitent souvent des médecins spécialistes du sommeil lorsqu’ils préparent une course en solitaire car gérer leur temps de sommeil est capital. D’autres sportifs apprennent à tolérer les nombreux décalages horaires du fait de leurs différents déplacements. Le but n’est pas forcément d’améliorer leurs prestations mais bien d’éviter une contre-performance. Par exemple, le centre de sommeil de l’Hôtel-Dieu à Paris intervient dans le cadre des championnats de Formule1 ou des 24 heures du Mans.

 

Au laboratoire du sommeil on ne fait pas que du diagnostic. Certains traitements sont mis en place. Dans les cas du syndrome d’apnées du sommeil, la mise en place de la pression positive continue (PPC), traitement de référence, peut se faire avec l’équipe médicale. D’autres traitements peuvent être mis en place comme les thérapies comportementales. 

 

Un laboratoire de recherche

Il a fallu un certain temps pour que les troubles du sommeil soient pris en charge sérieusement. Jusque dans les années 70, le lien n’est pas vraiment établi entre « bien dormir » et « être en bonne santé ». Aujourd’hui tout a changé: depuis trente ans l’hygiène de vie et un sommeil de qualité sont clairement associés à un bon équilibre de vie. Les médecins et les chercheurs ont pris à bras le corps ce domaine de la santé et en peu de temps les traitements ont évolué à vitesse grand V. Le dispositif PPC en est l’exemple parfait: l’appareil faisait la taille d’une valise il y a 20ans. Aujourd’hui la machine n’est pas plus grande qu’un réveil ! En même temps que les médecins ont mis en lumière l’importance du sommeil, les chercheurs ont travaillé à comprendre les mécanismes de notre corps. Les thématiques de recherche sont variées, comme par exemple le rôle de la lumière, l’influence de la génétique ou bien les interactions entre l’apnée du sommeil et les complications cardiovasculaires. L’intégration d’une plateforme de recherche au sein d’une unité d’hospitalisation permet aux patients de participer à des projets de recherche permettant de mieux comprendre les pathologies du sommeil. 

 

Certains laboratoires du sommeil sont équipés de chambres dites de chronobiologie. Ce sont des chambres d’isolation temporelle munies d’un plafond lumineux programmable. Les chercheurs peuvent ainsi contrôler le rythme jour/nuit et étudier nos fonctions biologiques pour trouver les meilleures approches cliniques. Les thématiques abordées sont très variées: le système veille/sommeil, la température corporelle, la production d’hormones, la fréquence cardiaque, la pression artérielle ou les capacités cognitives comme la mémoire, l’humeur. Tous ces paramètres sont observables dans ces chambres pour des durées de 24 heures, rythme correspondant à notre horloge circadienne. 

 

Dans le cadre de l’apnée du sommeil, le traitement par PPC a pu évoluer au sein des laboratoires du sommeil où de nombreux essais cliniques ont permis aux médecins comme aux patients de vérifier et de mesurer l’efficacité du traitement. 

 

Les centres du sommeil se sont donc construits avec l’idée de développer la thérapeutique en parallèle de la recherche. 

 

Un centre pluridisciplinaire

Dans un laboratoire du sommeil, on peut aussi bien retrouver des pneumologues, des ORL, des cardiologues, des neurologues, des psychiatres, des physiologistes, mais aussi dans certains centres, des médecins du travail ou bien des médecins du sport. C’est tout l’intérêt de ce type de centre. Tous ces professionnels ont reçu en plus de leur spécialité principale une formation sur les pathologies de l’éveil et du sommeil dans le cadre d’un diplôme universitaire spécifique. Cette transversalité des disciplines s’explique par le fait que les troubles du sommeil ont des origines très diverses. Suivant le premier entretien avec le patient, celui-ci sera dirigé vers une ou plusieurs consultations adéquates. 

 

En abordant le sommeil selon différents points de vue et regards spécialisés, les médecins et chercheurs font avancer plus rapidement une cause longtemps ignorée. 

 

Parfois les centres du sommeil décident de s’orienter vers un groupe de patients: certains sont spécialisés dans les hypersomnies, d’autres choisissent les pathologies respiratoires et traitent principalement des apnées du sommeil, enfin certains choisissent de travailler avec les enfants. 

 

Vers qui se tourner quand on souffre de troubles du sommeil ? 

Certains spécialistes affiliés à un laboratoire du sommeil, pourront trouver des réponses complémentaires à un trouble dont les origines sont très variées. Un centre du sommeil offre une palette complète de moyens d’action en réponse à nos nuits difficiles. Aujourd’hui plus question de minimiser l’importance d’un sommeil de qualité. Chaque année de nouveaux laboratoires du sommeil s’ouvrent dans les hôpitaux afin de traiter spécifiquement des troubles de plus en plus courants. 

 

Le médecin traitant reste la première étape de consultation. A l’issue de ce rendez-vous, il redirigera son patient le cas échéant vers un médecin spécialiste du sommeil pour procéder à un diagnostic. Le diagnostic est établi suite à un examen nocturne du sommeil (polygraphie/polysomnographie) réalisé au domicile ou dans le laboratoire du sommeil le plus proche.